Après huit années de collaboration, Arsenal a annoncé qu’il mettrait un terme, à la fin de la saison 2025/26, à son contrat de sponsoring de manches « Visit Rwanda », l’un des accords commerciaux les plus emblématiques de la Premier League. Le club londonien met ainsi fin à un partenariat débuté en 2018 et estimé à plus de 10 millions de livres sterling par an, soit environ 7,43 milliards de FCFA, un engagement qui avait inauguré le tout premier sponsoring de manches de l’histoire des Gunners.
La décision intervient dans un climat de critiques grandissantes. Depuis plusieurs mois, une partie des supporters d’Arsenal exprimait ouvertement son opposition au renouvellement de l’accord, jugeant ce partenariat incompatible avec les valeurs du club. En avril, cette contestation a pris une tournure plus visible : une campagne coordonnée a diffusé des messages appelant à l’annulation du contrat, jusqu’à installer un panneau satirique « Visit Tottenham » devant l’Emirates Stadium lors d’une rencontre contre Crystal Palace.
Les tensions ne se sont pas limitées aux tribunes. Le parrainage était également sous pression diplomatique. En février, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) avait demandé officiellement au club londonien de couper les liens avec le Rwanda Development Board. À l’origine de cet appel : des accusations portant sur le soutien présumé de Kigali à des groupes rebelles actifs dans l’est de la RDC, un conflit qui continue de déstabiliser la région.
Face à ces critiques internes et externes, Arsenal et le Rwanda Development Board ont finalement acté une séparation « d’un commun accord », selon le communiqué du club. Le directeur général, Richard Garlick, a salué un partenariat qu’il décrit comme un « parcours important », soulignant qu’il avait permis au club d’investir dans ses ambitions à long terme tout en renforçant la visibilité touristique du Rwanda sur la scène internationale.
« L’engagement et le soutien de Visit Rwanda ont joué un rôle important dans la réalisation de nos ambitions, nous aidant à investir dans notre vision à long terme de remporter des trophées majeurs de manière financièrement durable », a déclaré Garlick, remerciant l’institution rwandaise pour la collaboration menée depuis 2018.
Les supporters, eux, semblent avoir largement tranché. Dans un sondage réalisé auprès de plus de 2 500 membres, seulement 2 % se sont prononcés en faveur du maintien du contrat à hauteur de 10 millions de livres par an. Une désaffection massive qui aura sans doute pesé lourd dans la balance pour un club soucieux d’apaiser les tensions autour de sa stratégie commerciale.
Par Amhed Coulibaly


