Le gouvernement burkinabè a adopté en Conseil des ministres, ce jeudi 29 janvier 2026, un nouveau référentiel de développement baptisé « Plan RELANCE 2026-2030 », d’un montant de 36 000 milliards FCFA. Présenté par le ministre de l’Économie et des Finances, ce document devrait servir de boussole dans les actions du gouvernement pour les cinq années à venir. « La loi portant planification du développement a prévu que, tous les cinq ans, le Burkina puisse adopter un plan national quinquennal de développement », a justifié le ministre Aboubakar Nacanabo, qui indique que le plan en cours est arrivé à son terme le 31 décembre dernier.
En effet, le Plan RELANCE 2026-2030 se veut un document de rupture méthodologique et stratégique, tout en intégrant les enseignements tirés de la mise en œuvre des référentiels antérieurs, notamment en matière d’efficacité de l’action publique, de cohérence sectorielle et de soutenabilité des politiques économiques. Il capitalise également les acquis et les limites des politiques et stratégies sectorielles actuellement en vigueur.
Son socle politique et institutionnel repose sur les missions assignées par la Charte de la Transition du 14 octobre 2022, révisée le 25 mai 2024, ainsi que sur les orientations stratégiques issues de la Révolution progressiste populaire (RPP), érigée en cadre idéologique de transformation de l’État et de l’économie. Par ailleurs, le document s’aligne sur les aspirations de long terme exprimées par les populations dans le cadre de l’Étude nationale prospective (ENP) « Burkina 2060 », renforçant ainsi sa légitimité sociale et sa cohérence prospective, selon le gouvernement.
La vision portée par le Plan RELANCE 2026-2030 est ambitieuse : faire du « Burkina Faso une nation souveraine et prospère, bâtissant un développement endogène et durable au service du bien-être de tous ». Pour opérationnaliser cette vision, le gouvernement a structuré le Plan autour de quatre piliers stratégiques, conçus comme des leviers interdépendants de transformation structurelle.
Le premier pilier est consacré à la consolidation de la sécurité, de la cohésion sociale et de la paix, tandis que le deuxième pilier est axé sur la refondation de l’État et l’amélioration de la gouvernance. Le troisième pilier met l’accent sur le développement du capital humain. Enfin, le dernier pilier ambitionne de développer les infrastructures structurantes et de transformer durablement l’économie nationale.
Les impacts attendus de ces quatre piliers, aux dires du Dr Nacanabo, sont entre autres la reconquête totale du territoire, la réduction du taux de pauvreté de 42 % à 35 %, l’amélioration de l’espérance de vie de 61 ans à 68 ans et l’augmentation du taux d’électrification de 685 MW à un niveau supérieur à 2 500 MW.
Pour Aboubakar Nacanabo, ce plan s’illustre par des innovations très importantes en termes de planification sur les cinq ans. La première innovation, dit-il, concerne l’identification de programmes qui constituent des éléments d’opérationnalisation des différents piliers du plan. « Dans chaque programme, nous avons identifié des accélérateurs. Les initiatives présidentielles ont été identifiées comme des accélérateurs de la mise en œuvre de ces programmes », a-t-il ajouté.
Le financement de ce plan sera assuré en grande partie par des ressources souveraines. « Sur le montant planifié sur les cinq ans, près des deux tiers doivent venir des ressources souveraines », a-t-il précisé. Cette configuration, a-t-il poursuivi, rompt avec les anciens référentiels qui étaient généralement orientés vers des financements par des partenaires extérieurs. « Il faut également que le secteur privé contribue au financement de ce plan à travers des projets structurants », a lancé le ministre.
Par Léon Yougbaré


