La Côte d’Ivoire a effectué une contribution de plus de 11,1 milliards de FCFA, soit 20 millions de dollars américains à la capitalisation de la Banque Africaine de l’Énergie (BAE). L’annonce a été faite par l’Africa Energy Investment Corporation (AEICORP), qui précise qu’il s’agit de la première tranche de la participation ivoirienne au capital de cette future institution financière panafricaine.
Cette contribution place Abidjan dans la continuité des engagements déjà pris par le Nigeria, l’Angola et le Ghana, qui ont entamé leurs versements respectifs. Elle illustre une mobilisation progressive des États africains autour d’un projet commun visant à doter le continent de ses propres outils de financement dans le secteur énergétique.
La Société Africaine d’Investissement pour l’Énergie a qualifié l’engagement ivoirien d’opportun et de stratégique. Selon l’institution, cette décision traduit une vision continentale partagée, fondée sur la volonté de canaliser l’épargne et les capitaux africains vers le développement des infrastructures énergétiques. Les apports cumulés des premiers pays contributeurs sont perçus comme des étapes déterminantes vers l’entrée en activité effective de la Banque Africaine de l’Énergie.
Pensée comme un instrument de financement du développement, la Banque Africaine de l’Énergie a pour mission principale de soutenir l’exploitation des ressources énergétiques du continent. Elle ambitionne de renforcer en priorité l’approvisionnement des marchés intérieurs, dans un contexte où la transition énergétique mondiale représente un défi majeur pour les économies africaines fortement dépendantes de leurs ressources naturelles.
Les États ayant ratifié le traité fondateur seront les premiers bénéficiaires des services de la Banque. Celle-ci s’adresse également aux entreprises nationales opérant dans les hydrocarbures et l’énergie, ainsi qu’à toute structure publique ou privée contribuant au développement de l’industrie énergétique dans les pays membres.
La Banque démarrera ses activités avec un capital initial de 2 797,1 milliards de FCFA, soit 5 milliards de dollars, un montant appelé à augmenter rapidement au regard de l’ampleur des besoins du secteur. Les pays membres de l’Organisation des producteurs de pétrole africains, aux côtés d’Afreximbank, constituent le socle principal de cette capitalisation.
Sur le plan institutionnel, le Conseil des ministres a fixé à 46,6 milliards de FCFA, soit 83,33 millions de dollars la contribution minimale de chaque pays membre. Après les premiers paiements enregistrés, notamment du Nigeria, de l’Angola et du Ghana, la phase suivante portera sur le recrutement du personnel clé. Ces équipes travailleront avec des consultants afin de poser les bases opérationnelles de la Banque et d’accélérer son déploiement au service des projets énergétiques africains.
Par Bernadette W.Gansonré


