La Côte d’Ivoire a confirmé, à l’issue de son adjudication du 31 mars 2026 sur le marché financier régional, sa capacité à mobiliser des ressources substantielles dans des conditions globalement favorables.
Alors que le Trésor visait initialement une levée de 60 milliards FCFA, il a finalement retenu 66 milliards FCFA, pour un volume global de soumissions de 233,43 milliards FCFA. Le taux de couverture ressort ainsi à 389,05 %, pour un taux d’absorption de 28,27 %.
L’opération était structurée autour de trois maturités : des bons du Trésor à 364 jours, ainsi que des obligations assimilables du Trésor (OAT) à 3 ans et 5 ans. Dans le détail, 7,41 milliards FCFA ont été mobilisés sur la maturité courte, pour une demande de 113,16 milliards FCFA, soit un taux d’absorption particulièrement faible, assorti d’un rendement moyen pondéré de 4,71 %.
Sur le segment intermédiaire, 20,84 milliards FCFA ont été retenus sur des soumissions de 52,51 milliards FCFA, avec un taux d’intérêt de 6,65 %. La maturité longue concentre la part la plus importante des ressources mobilisées, avec 37,76 milliards FCFA levés pour une demande de 67,76 milliards FCFA, assortis d’un rendement de 7,12 %.
L’analyse de la provenance des soumissions fait ressortir une nette prédominance des investisseurs ivoiriens, qui totalisent l’essentiel des montants proposés, soit 211,17 milliards FCFA, dont 59 milliards FCFA ont été retenus. Les investisseurs burkinabè arrivent en seconde position avec 5 milliards FCFA, suivis des Sénégalais (4 milliards FCFA) et des Béninois (1 milliard FCFA).
Au total, cette adjudication illustre la solidité de la signature ivoirienne sur le marché régional et la confiance soutenue des investisseurs institutionnels. Elle confirme également le rôle structurant du marché des titres publics de l’UMOA comme canal de financement privilégié des États, dans un contexte de resserrement relatif des conditions de financement extérieur.
Par Léon Yougbaré


