Le gouvernement burkinabè entend améliorer la gestion de ses participations dans les institutions financières. À l’issue de l’évaluation du ministre de l’Économie et des Finances au titre de l’année 2025, assortie des perspectives pour 2026, l’exécutif a affiché sa volonté de créer une holding bancaire publique chargée de centraliser et de gérer les participations de l’État dans les banques et les établissements financiers. Une orientation stratégique qui traduit l’importance croissante accordée par l’État à ses actifs financiers dans un contexte de renforcement de la souveraineté économique.
Cette ambition s’appuie sur un poids déjà significatif de l’État dans le système bancaire national. Selon le rapport 2024 de la Commission bancaire de l’UMOA, la capitalisation globale des seize banques et des quatre établissements financiers opérant au Burkina Faso s’élève à 328,6 milliards FCFA. Sur ce total, l’État burkinabè détient 65,8 milliards FCFA, soit 20,02 % du capital global. Derrière ce chiffre se cachent toutefois de fortes disparités, entre participations majoritaires, prises de parts minoritaires et absence totale de participation dans certaines institutions.
Dans le détail, l’État est actionnaire dans onze banques sur seize, pour une capitalisation cumulée de 62,34 milliards FCFA. L’essentiel de cette participation est concentré dans les banques publiques. Il détient ainsi 100 % du capital de la Banque Commerciale du Burkina, soit 17,2 milliards FCFA. La Banque Postale du Burkina Faso constitue également un pilier majeur, avec 14,99 milliards FCFA détenus par l’État sur un capital total de 15 milliards FCFA. À cela s’ajoute la Banque Agricole du Faso, dans laquelle la participation publique atteint 12,2 milliards FCFA.
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Les banques commerciales privées ne sont pas en reste. L’État détient 4,9 milliards FCFA dans le capital de IB Bank Burkina Faso, 3,67 milliards FCFA dans Banque Atlantique Burkina Faso et 3 milliards FCFA dans Société Générale Burkina Faso, désormais membre du groupe Vista. Les participations publiques s’élèvent également à 1,9 milliard FCFA dans UBA Burkina Faso, 1,87 milliard FCFA dans Coris Bank International et 1,76 milliard FCFA dans Vista Bank Burkina Faso. À ces montants s’ajoutent des prises de participation plus modestes, avec 403 millions FCFA dans Banque de l’Union Burkina Faso et 398 millions FCFA dans Ecobank Burkina Faso.
Au-delà des banques, l’État est également présent dans les établissements financiers à caractère bancaire, pour une capitalisation estimée à 3,46 milliards FCFA. Il détient 1,8 milliard FCFA dans la Société Burkinabè de Crédit Automobile, 1,38 milliard FCFA dans Fidelis Finance Burkina et 235 millions FCFA dans la Société Financière de Garantie Interbancaire du Burkina.
Dans ce contexte, la création annoncée d’une holding bancaire publique apparaît comme un outil de rationalisation et de pilotage stratégique. Elle pourrait permettre à l’État de mieux coordonner ses participations, d’améliorer la gouvernance de ses actifs financiers et d’optimiser leur contribution au financement de l’économie nationale.
Par Drissa Ouattara


