Burkina : Face aux coupures d’eau, l’État et l’ONEA débloquent 14,6 milliards FCFA pour la mise en œuvre d’un plan d’urgence

Au Burkina Faso, les coupures récurrentes et prolongées d’eau potable ont conduit les autorités à lancer un plan d’urgence d’envergure visant à restaurer durablement l’approvisionnement. L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) produit actuellement 390 410 m³ d’eau potable par jour. Cependant, une part importante de ce volume, estimée à 122 180 m³ quotidiennement, est perdue dans le réseau de distribution. Au final, seuls 268 230 m³ par jour parviennent effectivement aux consommateurs.

Ce niveau de perte, évalué à 31,3 %, dépasse largement les standards internationaux, généralement compris entre 15 % et 20 %. Cette situation révèle les faiblesses structurelles du réseau de distribution et explique en grande partie les pénuries observées dans plusieurs localités du pays, notamment dans les grands centres urbains où la demande ne cesse d’augmenter sous l’effet de la croissance démographique.

Face à ce déficit, les autorités ont défini trois axes prioritaires pour améliorer la performance globale de la chaîne de production et de distribution d’eau potable. Le premier consiste à optimiser la production effective afin de tirer le maximum des installations existantes. Le second vise à réduire les pertes dans le réseau, un levier stratégique qui permettrait de récupérer des volumes importants sans nécessairement produire davantage. Enfin, le troisième axe porte sur l’augmentation urgente des capacités de production afin de répondre à la demande croissante.

Selon les projections, la mise en œuvre de ces mesures devrait permettre d’accroître la disponibilité d’eau potable de plus de 180 000 m³ par jour. Une amélioration significative qui pourrait réduire les tensions sur le réseau et améliorer sensiblement les conditions de vie des populations, tout en renforçant la résilience du système d’approvisionnement.

Le plan d’urgence représente un investissement global de 14,6 milliards FCFA, dont le financement est déjà entièrement sécurisé. Il repose sur un effort interne de mobilisation des ressources. Le ministère en charge de l’eau a procédé à un réaménagement budgétaire de 3,6 milliards FCFA, tandis que les agences de l’eau du Nakambé et du Liptako contribuent à hauteur de 3,5 milliards FCFA. L’ONEA, de son côté, apporte 7,5 milliards FCFA sur ses ressources propres.

Ce financement intégralement bouclé vise à répondre rapidement à la crise de l’eau. Au-delà de l’urgence, ce plan constitue aussi un enjeu économique majeur. L’accès fiable à l’eau potable est un facteur essentiel pour la santé publique, la productivité des ménages et l’attractivité économique, notamment dans les zones urbaines où les interruptions d’approvisionnement peuvent freiner les activités commerciales et industrielles.

Par Amhed Coulibaly

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