Le gouvernement burkinabè renforce son dispositif de réorganisation de l’exploitation minière artisanale. Réuni en Conseil des ministres le 5 novembre 2026, l’Exécutif a adopté trois décrets visant à mieux encadrer l’exploitation des sites miniers illégaux, à prévenir les conflits entre acteurs et à renforcer le contrôle de l’État sur ce sous-secteur stratégique. Cette réforme s’accompagne notamment de la création d’une nouvelle société d’État dénommée Faso Sanu, destinée à servir de bras opérationnel à cette politique de réorganisation.
Le premier décret porte sur les conditions et modalités de réorganisation des sites miniers illégaux, notamment ceux faisant l’objet d’exploitation ou présentant un caractère stratégique. Cette décision intervient dans un contexte marqué par plusieurs difficultés sur les sites d’exploitation artisanale de l’or. Parmi les principaux défis identifiés par le gouvernement figurent la présence massive d’enfants en âge de scolarisation, les dégradations environnementales ainsi que les conflits d’intérêts entre les différents acteurs intervenant sur ces sites.
À travers cette mesure, les autorités burkinabè entendent instaurer un cadre d’exploitation mieux organisé, plus sécurisé et davantage contrôlé par l’administration minière. La réorganisation reposera notamment sur deux principaux mécanismes. Le premier prévoit une exploitation en régie, directement assurée par une structure spécialisée de l’État, ou dans le cadre d’une joint-venture avec une société disposant de l’expertise nécessaire. Le second mécanisme consiste à constituer des périmètres miniers dont l’exploitation sera confiée à des coopératives réorganisées, sous la supervision et le contrôle de l’administration des mines.
Cette nouvelle orientation montre la volonté de l’État de reprendre davantage la maîtrise de l’exploitation artisanale de l’or, tout en réduisant les désordres qui caractérisent certains sites. Elle vise également à mieux organiser les relations entre les exploitants et à garantir une répartition plus encadrée des retombées économiques de cette activité.
Le deuxième décret adopté en Conseil des ministres concerne la création de Faso Sanu, une nouvelle société d’État dont la dénomination signifie « or » en langue dioula. Cette structure aura pour mission de contribuer à la réorganisation du sous-secteur de l’exploitation minière artisanale et de fournir à l’État les capacités techniques nécessaires à la mise en œuvre des nouvelles dispositions réglementaires.
Faso Sanu sera détenue à parts égales par deux entités publiques. La Société nationale des substances précieuses (SONASP) détiendra 50 % du capital, tandis que le Trésor public possédera les 50 % restants. Cette répartition consacre ainsi un contrôle intégral de l’État sur la nouvelle structure.
Le troisième décret porte sur l’adoption des statuts de Faso Sanu, une étape nécessaire à son opérationnalisation et à la mise en place de son dispositif institutionnel et organisationnel. À travers ces trois décisions complémentaires, le gouvernement entend ainsi se doter d’un cadre réglementaire et d’un instrument opérationnel pour transformer les conditions d’exploitation de l’or artisanal au Burkina Faso.
La question de la protection des enfants constitue par ailleurs l’un des enjeux majeurs de cette réforme. Le gouvernement entend faire respecter strictement les dispositions du Code minier qui interdisent la présence des enfants sur les sites miniers. Les autorités préviennent que tout acteur reconnu coupable d’avoir employé des enfants sur ces sites s’exposera à l’application rigoureuse de la loi.
Par Amhed Coulibaly


