Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a procédé, ce lundi 2 février 2026, à l’évaluation de la mise en œuvre du contrat d’objectifs 2025 des membres du gouvernement. Le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, au terme de l’évaluation, a obtenu un score de 89 %. Une performance institutionnelle jugée globalement satisfaisante, dans un environnement macroéconomique contraint, marqué par de fortes tensions sur la mobilisation des ressources publiques et la soutenabilité des engagements budgétaires.
Le contrat d’objectifs assigné au ministère de l’Économie et des Finances pour l’exercice 2025 portait prioritairement sur des actions stratégiques de transformation de la gouvernance économique et financière, combinant mobilisation accrue des ressources internes, modernisation des instruments de gestion publique et conduite de réformes structurelles à fort effet de levier. Selon le ministre Nacanabo, l’architecture des engagements visait à renforcer l’efficacité de l’action publique, la traçabilité des flux financiers, ainsi que la sécurisation de l’assiette fiscale et douanière, dans une logique de résilience budgétaire et de souveraineté financière.
Sur le front des recettes, les résultats 2025 confirment une dynamique de surperformance par rapport aux objectifs initiaux, traduisant un effort renforcé de recouvrement et une amélioration relative des dispositifs de mobilisation des ressources endogènes.
Au titre du budget de l’État, 3 309 milliards FCFA ont été mobilisés pour une prévision de 3 236 milliards, soit un taux de réalisation de 102 %. La même dynamique a été observée au niveau du Fonds de soutien patriotique (FSP), avec un taux de réalisation notable de 148 %, soit 222 milliards FCFA sur un objectif initial de 175 milliards.
L’exercice 2025 a également été marqué par l’activation de plusieurs réformes structurantes, visant à moderniser les chaînes de valeur administratives et à renforcer l’outillage institutionnel de l’État. Parmi ces réformes figurent le lancement de la plateforme SYC@D, destinée à optimiser la gestion des procédures douanières et à améliorer la transparence des opérations.
À cela s’ajoutent la création de la Société Fasotransit et Logistique, dans une logique de structuration de la logistique nationale et de facilitation du commerce, l’adoption de la loi portant réorganisation agraire et foncière, avec des implications directes sur la sécurisation des investissements productifs, ainsi que la réforme du cadre juridique de la microfinance, en vue d’un meilleur encadrement du secteur et d’une inclusion financière plus maîtrisée.
Pour l’exercice 2026, le ministre de l’Économie et des Finances anticipe une pression accrue sur la trajectoire de mobilisation des ressources, avec des objectifs de financement particulièrement ambitieux, dont plus de 3 400 milliards FCFA attendus pour le budget de l’État, plus de 200 milliards FCFA pour le FSP et 200 milliards FCFA pour le financement de la première tranche de l’autoroute Ouagadougou-Bobo-Dioulasso.
Au-delà de ces besoins de financement, l’agenda 2026 prévoit le lancement de réformes institutionnelles majeures, parmi lesquelles la création d’une holding bancaire publique, destinée à centraliser et rationaliser les participations de l’État dans certaines banques, avec des enjeux de gouvernance, de performance financière et de pilotage stratégique. De plus, la mise en place d’une imprimerie nationale s’ajoute à l’agenda 2026, dans l’optique d’une meilleure maîtrise des coûts, de la sécurité et de la souveraineté des opérations d’impression de l’État.
Par Léon Yougbaré


