Selon le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel est projeté à 5,7 % en 2026, contre 5,3 % en 2025. Cette progression s’appuierait sur les performances des trois grands secteurs de l’économie, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, mais aussi par la mise en œuvre du Plan RELANCE 2026-2030 et la perspective d’une bonne campagne agropastorale.
Sur le plan international, le gouvernement reste prudent. Ses prévisions intègrent les incertitudes liées à l’accentuation des tensions géopolitiques et commerciales, aux nouvelles orientations de la politique américaine, au conflit au Moyen-Orient, à l’évolution du contexte géopolitique en Afrique de l’Ouest, ainsi qu’à l’ancrage de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Dans ce scénario, le PIB nominal du Burkina Faso atteindrait 19 019,3 milliards de FCFA en 2026, contre 16 176,3 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de près de 2 843 milliards de FCFA.
Le secteur primaire continuerait d’être le premier contributeur à la croissance économique. Sa valeur ajoutée progresserait de 9,4 % en 2026, après une hausse de 11,5 % en 2025. Cette performance serait principalement portée par les cultures de rente, dont la production augmenterait de 12,4 %, ainsi que par les activités d’égrenage du coton (+11,9 %), l’agriculture vivrière (+11,2 %), la sylviculture, la chasse et la pêche (+3,4 %) et l’élevage (+2,6 %).
Au total, le secteur primaire contribuerait à hauteur de 2 points de pourcentage à la croissance économique, contre 2,4 points en 2025. Sa part dans la richesse nationale représenterait 16,7 % du PIB en 2026, contre 21 % un an plus tôt.
Le secteur tertiaire afficherait également une amélioration sensible de ses performances. Sa valeur ajoutée progresserait de 4,5 % en 2026, contre 2,6 % en 2025. Cette évolution serait soutenue notamment par la forte reprise des activités d’hébergement et de restauration (+12,1 %), du transport (+10,9 %), des services d’administration publique (+6,3 %), des autres services marchands (+4,7 %) ainsi que des activités immobilières (+3,9 %). Grâce à cette dynamique, la contribution du secteur tertiaire à la croissance du PIB passerait de 1,6 point de pourcentage en 2025 à 2,2 points en 2026. Sa part dans la formation du PIB, y compris les impôts et taxes nets sur les produits, atteindrait 44,1 %, contre 49 % en 2025.
Du côté du secteur secondaire, celui-ci poursuivrait également sa progression avec une croissance de 5 %, contre 4,7 % en 2025. Cette hausse serait principalement portée par les activités manufacturières, dont la valeur ajoutée augmenterait de 12,6 %, les activités de construction (+5,8 %) ainsi que l’extraction d’or (+3 %). La contribution de ce secteur à la croissance économique passerait de 1,2 point de pourcentage en 2025 à 1,5 point en 2026. Sa part dans la formation du PIB progresserait fortement pour atteindre 39,3 %, contre 30 % un an auparavant.
Une demande intérieure en nette progression
Concernant la demande, la croissance économique serait essentiellement alimentée par la consommation finale et l’investissement. La consommation finale augmenterait de 6,7 % en 2026, portée par la hausse des dépenses de consommation des ménages (+6,9 %) ainsi que par celles de l’administration publique (+6,3 %). Elle contribuerait ainsi à hauteur de 5,3 points de pourcentage à la croissance du PIB, contre 8,7 points en 2025.
L’investissement enregistrerait une accélération encore plus marquée. La formation brute de capital fixe (FBCF) progresserait de 13,7 % en 2026, après une hausse limitée à 4,8 % en 2025. Cette augmentation serait principalement liée à un rebond de l’investissement public, attendu en hausse de 20,2 %, après un recul de 10 % en 2025. L’investissement privé conserverait également une évolution positive, avec une progression de 9,3 %, après une forte hausse de 17,8 % l’année précédente.
Au total, la FBCF contribuerait à hauteur de 2,1 points de pourcentage à la croissance du PIB, contre 0,8 point en 2025.
Des exportations toujours dynamiques grâce à l’or
Les exportations de biens et services continueraient de progresser, mais à un rythme plus modéré. Elles augmenteraient de 3,6 % en 2026, après une croissance exceptionnelle de 27,5 % en 2025. Cette évolution resterait principalement portée par les exportations d’or non monétaire, industriel et artisanal, dont la valeur devrait croître de 31,4 %.
Parallèlement, les importations augmenteraient de 4,8 %, contre 7 % en 2025. Cette hausse serait principalement due à l’accroissement des importations de produits alimentaires (+29,7 %) ainsi que des biens d’équipement (+9,3 %), traduisant une reprise des investissements et des besoins de consommation.
Une inflation maintenue sous contrôle
Le gouvernement table également sur une maîtrise des prix en 2026. Sous l’hypothèse d’une bonne campagne agricole, d’une amélioration de la situation sécuritaire, de la poursuite des mesures de lutte contre la vie chère et d’un apaisement des tensions géopolitiques internationales, le taux d’inflation moyen annuel s’établirait à 1,5 %.
Ce niveau resterait largement inférieur au seuil communautaire fixé par l’UEMOA, même s’il représenterait une hausse de 2 points de pourcentage par rapport au niveau enregistré en 2025.
À travers ces projections, le gouvernement mise sur une reprise économique progressive, portée à la fois par le dynamisme de l’agriculture, la relance de l’investissement public, le développement des activités industrielles et la résilience du secteur des services.
Par Bernadette W. Gansonré


