Le Burkina Faso poursuit sa stratégie de renforcement de sa souveraineté sur ses ressources aurifères. À l’issue du Conseil des ministres du 19 février 2026, le gouvernement a annoncé l’acquisition d’une participation supplémentaire de 25 % dans Kiaka SA, filiale de la compagnie minière australienne West African Resources (WAF). Cette opération porterait la part de l’État burkinabè à 40 % dans ce projet aurifère majeur.
Cette décision s’inscrit selon le gouvernement dans le cadre des dispositions du nouveau Code minier, notamment les articles 66 et 306 de la loi n°016-2024/ALT du 18 juillet 2024, ainsi que du décret du 21 mars 2025 qui encadre l’ouverture du capital des sociétés minières à l’État et aux investisseurs nationaux.
Située dans la commune de Gogo, dans la province du Zoundwéogo, région du Nazinon, la mine de Kiaka couvre une superficie de 54,02 km². Elle représente l’un des projets aurifères les plus prometteurs du portefeuille de West African Resources. Entrée en phase opérationnelle au troisième trimestre 2025, la mine a produit 95 155 onces d’or, soit environ 2,96 tonnes pour l’année 2025.
Les perspectives sont particulièrement solides. Selon le plan minier de la compagnie australienne, Kiaka devrait produire plus de 230 000 onces par an, soit environ 7,15 tonnes d’or sur une période d’au moins dix ans. La production annuelle pourrait même atteindre près de 250 000 onces, soit environ 7,78 tonnes, à partir de 2026. La durée de vie du projet a été étendue jusqu’en 2042, avec un potentiel d’extension supplémentaire, confirmant son importance stratégique pour l’économie burkinabè.
Comprendre toute l’histoire
Dès le 28 août 2025, la compagnie WAF avait suspendu la cotation de ses actions à la Bourse australienne (ASX), en prévision d’une annonce liée à une requête du gouvernement burkinabè concernant l’acquisition d’une participation additionnelle dans Kiaka SA. Les autorités avaient initialement exprimé leur volonté d’acquérir jusqu’à 35 % supplémentaires moyennant une contrepartie financière .
Le 25 novembre 2025, West African Resources confirmait l’ouverture de discussions avec le gouvernement, précisant qu’elles se déroulaient dans un climat constructif et qu’elles concernaient exclusivement le projet Kiaka, sans impact sur ses autres actifs burkinabè, notamment Sanbrado et Toega. La compagnie avait également soumis une proposition alternative visant à accroître la participation nationale et les revenus de l’État à travers le développement de nouveaux projets miniers et la relance d’anciens sites fermés.
Par Drissa Ouattara


