Burkina Faso : naissance du Fonds souverain minier « Siniyan-Sigui » pour transformer le secteur minier en levier de développement durable

Le Conseil des ministres du jeudi 21 mai 2026 a adopté un décret portant création du Fonds souverain minier d’investissement du Burkina Faso (FSMIB), baptisé « Siniyan-Sigui ». Une décision qui intervient dans un contexte de conjoncture aurifère exceptionnelle et qui entend inscrire les rentes minières dans une logique de développement structurel de long terme.

La décision n’est pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs mois, le cours de l’or a franchi le seuil symbolique de 4 000 dollars américains l’once, portant la valeur du gramme à environ 78 000 francs CFA. Une progression historique qui génère pour l’État burkinabè des recettes minières excédentaires sans précédent, créant une fenêtre d’opportunité que les autorités ont décidé de ne pas laisser se refermer sans en capitaliser les fruits.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a justifié la mesure par l’absence, jusqu’ici, d’un mécanisme institutionnel dédié à la captation et à la gestion des recettes minières excédentaires, doublée d’un déficit d’épargne intergénérationnelle. « Le Conseil a adopté ce décret qui permet d’avoir un fonds souverain minier alimenté par le supplément de ressources dégagées au niveau de l’activité minière en tenant compte d’un niveau des cours des minéraux de référence. Au-delà de ce cours, tout ce qui est réalisé comme excédent est reversé dans ce fonds souverain », a-t-il précisé, ajoutant que cela permettra de financer des investissements stratégiques dans plusieurs domaines.

Pour comprendre l’enjeu, il convient de mesurer le poids du secteur dans l’économie nationale. Le Burkina Faso compte actuellement 15 mines industrielles en production. En 2025, la production aurifère nationale a dépassé 94 tonnes, en hausse de plus de 30 tonnes par rapport à l’exercice 2024.

Cette dynamique se reflète également dans les statistiques du commerce extérieur. À fin février 2026, le pays a enregistré un excédent commercial inédit de 886,8 milliards FCFA. Les exportations ont atteint 1 568,9 milliards FCFA sur la période, soit une hausse de 87,2 % en glissement annuel.

L’or en est le principal moteur : les ventes à l’international ont bondi à 722,7 milliards FCFA, en progression de 98,6 %. Des performances qui illustrent, si besoin était, à quel point la trajectoire économique du Burkina Faso est aujourd’hui arrimée à celle du métal jaune.

Par Léon Yougbaré

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