Le Comité interprofessionnel de la filière oignons du Burkina (CIFOB) a officialisé la fixation d’un prix minimum garanti de 165 FCFA le kilogramme. Fruit d’un long processus de concertation entre acteurs de la chaîne de valeur, cette décision marque une étape stratégique dans la structuration d’une filière essentielle pour l’économie agricole du pays.
En effet, depuis plusieurs années, les producteurs et commerçants d’oignon évoluent dans un marché marqué par l’absence d’un système de mesure harmonisé. Les unités informelles, variables d’une localité à l’autre, ont entraîné des pertes financières, des litiges récurrents et une forte volatilité des prix au producteur.
Ce dysfonctionnement nuit à la transparence du marché et fragilise la capacité des producteurs à planifier leurs revenus. Face à cette situation, l’interprofession a engagé depuis 2021 un plaidoyer triptyque : généraliser la vente au kilogramme, normaliser les unités de mesure et instaurer un prix minimum garanti pour protéger le producteur.
Les concertations tenues en novembre 2025 ont abouti à un consensus : désormais, aucun acteur ne peut acheter l’oignon en dessous de 165 FCFA le kilogramme chez le producteur. Ce prix plancher constitue un outil de régulation visant à protéger les producteurs des fluctuations extrêmes et parfois spéculatives du marché. Il s’agit ainsi d’une mesure de justice et d’équité, fondée sur une analyse des coûts de production, des réalités commerciales et des attentes des consommateurs.
En stabilisant les revenus agricoles, le prix minimum doit permettre de sécuriser les investissements dans les exploitations, d’améliorer la qualité grâce à un meilleur accès aux intrants, de renforcer la production nationale et de structurer durablement la filière.
Au-delà de la rémunération, le prix minimum instauré par le CIFOB devient un outil de transparence. Il fixe des règles communes, uniformise les pratiques et réduit les asymétries d’information entre producteurs et commerçants.
L’interprofession entend désormais veiller à son application, soutenue par les autorités locales, les comptoirs de stockage et les magasins de conservation qui devront intégrer cette nouvelle norme dans leurs opérations.
Avec l’introduction d’un prix minimum garanti, la filière oignon du Burkina s’engage dans une nouvelle dynamique. Cette avancée crée les conditions d’un marché plus stable, plus transparent et plus compétitif, au bénéfice de l’ensemble des acteurs.
Par David Yaméogo


