Après avoir été intégralement reprise par l’État burkinabè, la Société nouvelle huilerie et savonnerie Citec (SN-Citec SA) amorce un tournant décisif de sa trajectoire industrielle. Le mercredi 14 janvier 2026, les premières productions d’huile Savor Coton ont officiellement quitté les unités de transformation de l’entreprise, marquant le démarrage effectif de la campagne de trituration 2025-2026. Cet événement symbolique consacre la relance opérationnelle de l’une des plus anciennes unités agro-industrielles du Burkina Faso.
Cette reprise intervient sous l’impulsion de la nouvelle équipe dirigeante, avec à sa tête le Directeur général, Nomandé Prosper Kola, qui a engagé une dynamique managériale axée sur la rigueur opérationnelle, l’optimisation des process industriels et la restauration de la performance productive. Dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de souveraineté industrielle et de sécurisation des produits de grande consommation, la SN-Citec renoue ainsi avec son rôle stratégique dans la filière des oléagineux.
Pour la campagne 2025-2026, les projections de production font état d’environ 8,5 millions de litres d’huile, soit 7 820 tonnes, contre 1,9 million de litres (1 748 tonnes) lors de la campagne précédente. Cette progression, estimée à près de 347 %, illustre l’ampleur de la montée en puissance industrielle opérée en un laps de temps relativement court.
Au-delà de la performance chiffrée, cette évolution traduit la remise en fonctionnement efficace de l’outil de production, la mobilisation des équipes techniques et la stabilisation de la chaîne d’approvisionnement en graines de coton. Elle conforte également l’ambition affichée par la Direction générale de contribuer à l’amélioration de la disponibilité des huiles alimentaires sur le marché national, tout en réduisant la dépendance aux importations.
Une entreprise au cœur de la souveraineté économique
La relance de la SN-Citec s’inscrit dans un contexte institutionnel profondément renouvelé. Le 20 novembre 2025, le Conseil des ministres a acté la nationalisation de la société, mettant fin au contrôle majoritaire exercé jusque-là par le groupe français Géocoton. Deux textes majeurs ont été adoptés à cet effet, notamment le décret portant nationalisation et celui consacrant le nouveau statut juridique de l’entreprise, désormais détenue à 100 % par l’État burkinabè.
Pour les autorités, cette décision répond à un impératif stratégique visant à sécuriser une unité industrielle fondée en 1941, historiquement centrale dans l’approvisionnement national en huiles alimentaires, savons et tourteaux destinés à l’élevage. Avant la nationalisation, le capital de la SN-Citec était réparti entre Géocoton (53 %), la Sofitex (34 %) et des investisseurs nationaux (13 %).
Par Léon Yougbaré


