Burkina : l’État veut augmenter sa part dans le capital de SAP Olympic pour lancer la société vers de nouveaux horizons

Le gouvernement burkinabè entend accroître sa participation au capital de la Société africaine de pneumatiques (SAP Olympic) à travers le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES). Cette décision vise à consolider les capacités de production de l’entreprise et à soutenir sa stratégie de croissance dans le secteur industriel.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a conduit ce mardi 11 novembre 2025 une délégation gouvernementale à Bobo-Dioulasso pour une visite de travail au sein de SAP Olympic, implantée dans la zone industrielle de la ville. Cette démarche, selon lui, s’inscrit dans la dynamique du gouvernement d’accompagner les entreprises nationales jugées stratégiques pour le développement économique.

En effet, SAP Olympic, fondée en 1974, prévoit un renforcement de son capital afin d’accroître ses ressources propres et moderniser ses équipements. L’État, à travers le FBDES, participera à cette recapitalisation pour soutenir la montée en puissance de l’entreprise. Pour Nacanabo, l’État, dans sa politique actuelle, veut développer l’industrie locale. Au regard des efforts consentis par le promoteur et de la volonté de l’équipe dirigeante d’aller de l’avant, dit-il, l’État peut accompagner la société pour la rendre encore plus forte.

Il a salué la résilience de cette entreprise 100% nationale qui, depuis plus d’un demi-siècle, poursuit ses activités dans un contexte concurrentiel exigeant. « Sap Olympic, c’est une unité qui tient depuis 1974 et qui, plus de 50 ans après, tient toujours », a-t-il souligné, indiquant que SAP Olympic occupe une place importante dans la stratégie industrielle du pays. « C’est une société très stratégique dans la mesure où d’abord, elle fait partie des sociétés les plus anciennes, ensuite, elle touche une matière qu’on peut considérer comme un produit de grande consommation pour peu qu’on organise bien le marché », a-t-il affirmé.

À en croire M. Nacanabo, le gouvernement envisage la mise en place d’un accord-cadre permettant que les achats de pneus pour les besoins publics soient réalisés auprès de SAP Olympic. Pour concrétiser cette orientation, il est nécessaire de renforcer les capacités de production de l’entreprise afin de répondre à la demande. L’assemblée générale extraordinaire de SAP Olympic a déjà approuvé l’ouverture de son capital à l’État. La participation publique sera effectuée par le biais du FBDES, dans une logique de partenariat stratégique. Nacanabo a également précisé que l’état déjà conduit ce type d’opération avec d’autres entreprises. En capitalisant ces expériences, cela permettra à SAP Olympic d’accroître sa contribution à l’économie nationale.

Le ministre a toutefois insisté sur la nécessité d’un plan de développement structuré avant toute intervention financière. L’idée, à ses dires, n’est pas seulement d’entrer dans le capital, mais de bâtir ensemble une vision de développement claire, pour que dans un an déjà, les résultats puissent être constables.

Une entreprise à vocation régionale

Avec un capital social estimé à 1,12 milliard FCFA, la Société africaine de pneumatiques (SAP Olympic) est basée à Bobo-Dioulasso. Son ambition est d’être le leader de l’industrie du caoutchouc dans la sous-région ouest-africaine. Forte de cinquante années d’expérience, elle maîtrise la transformation du caoutchouc naturel et synthétique, et propose une large gamme de produits industriels.

L’entreprise fabrique et commercialise des pneus et chambres à air pour engins à deux roues, ainsi que divers articles techniques en caoutchouc. Elle emploie environ 215 permanents et 120 temporaires selon la demande. Sa capacité annuelle de production est estimée à deux millions de pneus et six millions de chambres à air, distribués principalement sur le marché burkinabè, mais également en Côte d’Ivoire et au Mali.

Par Léon Yougbaré

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