La Faîtière des caisses populaires du Burkina (FCPB) a tenu, le vendredi 22 mai 2026 à Ouagadougou, une double session statutaire. Il s’agit de sa 2ᵉ assemblée générale extraordinaire et de sa 13ᵉ assemblée générale ordinaire. Les deux rencontres ont consacré une étape charnière dans la vie du réseau, entre modernisation des textes fondateurs et publication de résultats financiers de l’exercice 2025 en nette amélioration.
Le temps fort de la session extraordinaire a été l’adoption à l’unanimité des nouveaux statuts, du règlement intérieur et du règlement financier du Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB). Cette révision répond à une exigence réglementaire visant à mettre le réseau en conformité avec la loi n° 001-2025/ALT du 13 février 2025 portant réglementation de la microfinance dans l’espace UEMOA.
Les innovations introduites par ces textes révisés sont substantielles. Sur le plan terminologique d’abord, la dénomination « coopérative d’épargne et de crédit » cède la place à « société coopérative de microfinance », signal d’une montée en professionnalisme. Ensuite, sur le plan capitalistique, la part sociale est relevée de 20 millions à 35 millions FCFA, tandis que le capital social de la faîtière est porté de 640 millions à 1,12 milliard FCFA, renforçant ainsi les assises financières de l’institution.
La refonte touche également en profondeur les mécanismes de gouvernance interne. Les conditions d’éligibilité des dirigeants sont durcies, la possibilité d’intégrer un administrateur indépendant est désormais inscrite dans les textes, et la voix prépondérante du président en cas d’égalité est supprimée au profit d’une prise de décision plus collégiale. La protection des coopérateurs est, quant à elle, mieux encadrée, avec l’introduction d’articles spécifiques sur les mécanismes de recours, les conflits d’intérêts et les mesures disciplinaires applicables aux dirigeants. Par ailleurs, un comité spécialisé des risques pour les crédits liés est créé, et le directeur général se voit désormais obligé de participer aux réunions du conseil d’administration, avec voix consultative.
Un bilan financier 2025 orienté à la hausse
La session ordinaire a permis d’examiner les résultats de l’exercice 2025, et les chiffres présentés témoignent d’une dynamique de croissance soutenue. Le réseau revendique désormais plus de 906 000 membres, contre 859 525 un an auparavant, soit une progression de 5 %. L’encours de l’épargne collectée a progressé de plus de 11 % pour atteindre plus de 225 milliards FCFA, illustrant la confiance maintenue des épargnants dans le réseau.
L’indicateur le plus saillant demeure cependant le résultat net, qui s’établit à plus de 4,5 milliards FCFA en 2025, contre 822 millions FCFA en 2024, soit une progression spectaculaire de près de 447 % en un exercice. Cette performance s’accompagne d’une baisse des crédits souffrants et d’une hausse du total des actifs du réseau, qui franchit désormais le seuil des 335 milliards FCFA.
Les responsables ont qualifié ce bilan de positif, tout en reconnaissant que certains ratios prudentiels restent encore en deçà des normes fixées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), un point de vigilance pour l’exercice à venir.
Outre l’examen des états financiers, l’assemblée générale ordinaire a validé le budget et le plan d’actions 2026, dans un contexte marqué par le renouvellement de plusieurs membres des organes dirigeants.
Par Léon Yougbaré


