Burkina / Mobilisation des recettes : la Direction générale des impôts dépasse ses objectifs 2025 et projette une hausse de 5,48 % en 2026

La Direction générale des impôts (DGI) a tenu sa 11ᵉ rentrée fiscale, ce mardi 3 février 2026 à Ouagadougou, sous le thème « Pour la construction de la nation, adoptons la facture électronique certifiée ». Un choix à la fois stratégique et patriotique, selon la directrice générale des impôts, Éliane T. Djiguemdé, qui y voit un levier de souveraineté financière et de structuration d’une économie plus transparente et plus équitable.

Dans son discours, Mme Djiguemdé a présenté un bilan jugé satisfaisant au titre de l’année fiscale 2025, témoignant du rôle stratégique de la DGI en matière de mobilisation des recettes au profit des caisses de l’État. Ainsi, l’ensemble des efforts a permis de recouvrer au total 1 790,38 milliards FCFA, en hausse de 20,8 % par rapport à 2024.

Mobilisation record pour les différents budgets

Ce montant comprend 1 578,84 milliards FCFA au profit du budget de l’État, en progression de 22 % par rapport à l’année précédente. Comparé aux objectifs assignés à la DGI, il en ressort un taux de réalisation de 100,25 %. Les ressources mobilisées au profit des collectivités progressent de 6 % à 51,11 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 111,72 % des prévisions. Quant aux fonds collectés au titre du Fonds de soutien patriotique (FSP), ils s’élèvent à 132,9 milliards FCFA, en progression de 18 % sur un an et un taux record de 156,33 % rapporté à l’objectif initial. De plus, la DGI a collecté 27,56 milliards FCFA au profit des autres budgets comprenant les différents fonds destinés aux projets d’intérêts nationaux, dont le sport, la presse privée et la culture.

Éliane T. Djiguemdé, Directrice générale des impôts

Ces résultats, aux dires de la première responsable de l’administration fiscale, ne sont pas le fruit du hasard. « Les résultats enregistrés en 2025 sont le fruit d’un pilotage renforcé et d’actions volontaristes menées tout au long de l’année par toutes les équipes de la Direction générale des impôts », a-t-elle déclaré. En termes d’actions sur le terrain en 2025, a-t-elle poursuivi, la DGI a géolocalisé 9 475 contribuables, mené 8 233 enquêtes fiscales et réalisé 3 631 contrôles fiscaux dans le cadre de la lutte contre la fraude. « Ces actions ont permis le reclassement de 436 contribuables dans les segments supérieurs et le recouvrement direct de 83 milliards FCFA », a indiqué Éliane Djiguemdé.

Des actions de terrain à fort impact

En outre, l’année 2025 a été marquée par un renforcement des actions de recouvrement avec 88 377 relances adressées aux contribuables défaillants, 34 823 avis de mise en recouvrement et 18 494 avis de mise en demeure émis. À cela s’ajoutent 2 974 avis à tiers détenteurs transmis et 2 478 sorties de recouvrement réalisées.

La Direction générale des impôts, c’est aussi la délivrance de services aux usagers. En la matière, elle a délivré 20 328 certifications et légalisations pour les transactions foncières, 6 377 fiches de décompte fiscal, 5 387 certificats de détaxe, 667 certificats d’exonération et 2 027 attestations de situation fiscale. En matière de gestion foncière, l’administration fiscale a poursuivi ses efforts avec la délivrance de 4 775 arrêtés de cession provisoire et 2 678 arrêtés de cession définitive. 9 423 prestations cadastrales et 2 445 états de droits réels complètent la liste des réalisations de la DGI au cours de l’année 2025.

Cible ambitieuse pour le budget 2026

Au titre de l’année fiscale 2026, l’objectif de mobilisation assigné à la direction des impôts progresse de 5,48 % par rapport à 2025 pour s’établir à 1 665,18 milliards FCFA au profit du budget de l’État. À cela s’ajouteront des fonds à collecter au profit des collectivités territoriales et du Fonds de soutien patriotique. Cet objectif, que Mme Djiguemdé qualifie « d’ambitieux », exige de l’administration fiscale « rigueur, constance et une mobilisation accrue à tous les niveaux ».

Pour relever ce défi, dit-elle, plusieurs leviers prioritaires seront actionnés, parmi lesquels le maintien de la mobilisation et de l’engagement des équipes. Cela s’accompagne d’un renforcement du pilotage des performances afin « d’assurer un suivi rapproché, réactif et orienté vers les résultats ». « Sur le plan opérationnel, la mise en œuvre efficace de la facture électronique certifiée (FEC) constituera un axe majeur », a-t-elle ajouté, tout en appelant l’ensemble des contribuables à s’approprier cette nouvelle réforme. « Ensemble, faisons de la facture électronique certifiée un véritable levier de transformation de notre économie. Adhérer à la FEC, c’est choisir la modernité, la transparence et la justice fiscales. C’est aussi choisir de bâtir ensemble une nation plus robuste », a-t-elle lancé.

Par ailleurs, la loi de finances 2026 a introduit de nouvelles mesures fiscales afin d’optimiser les recettes. Parmi celles-ci figure l’augmentation du taux de la retenue à la source au titre de la TVA, qui passe de 20 % à 30 %, avec un élargissement du champ des entreprises assujetties. Cette révision s’accompagne d’une réduction du délai de remboursement, qui passe de deux ans à six mois.

Le législateur a également introduit une obligation pour les entités à but non lucratif (EBNL), notamment les ONG, associations et autres, de déclarer et déposer leurs états financiers au plus tard le 31 mai de l’année fiscale en cours, sous peine d’une sanction financière de 200 000 FCFA. Désormais, les armes et munitions, exceptées celles destinées aux Forces de défense et de sécurité (FDS), feront l’objet d’une imposition de taxe de 40 %, en vue de se conformer aux normes communautaires.

Par Léon Yougbaré

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