mercredi 11 février 2026

Burkina / Résolution de conflits économiques et d’investissements : le Centre international d’irénagie ouvre ses portes en positionnant la science comme outil de régulation et de paix

Le Centre international d’irénagie (CII) a officiellement ouvert ses portes ce jeudi dans la capitale burkinabè. La cérémonie de lancement, marquée par une conférence de presse, a réuni les premiers responsables du centre, des partenaires, des consultants, ainsi que des acteurs du monde académique et institutionnel. Une initiative saluée comme une contribution majeure à la consolidation de la paix et à la promotion du développement durable par la science.

Le Président du Conseil d’administration (PCA) du CII, Dr Rasmané Daniel Sawadogo, a souligné d’emblée la philosophie qui fonde l’institution : « le CII s’inscrit dans une dynamique nouvelle et nécessaire, celle de conjuguer rigueur scientifique et construction du développement durable ». Le concept d’irénagie, qui renvoie à l’art de construire et de conduire la paix, constitue le socle de ce projet novateur. Selon le Dr Sawadogo, il ne s’agit pas seulement de créer un centre de réflexion, mais d’instituer un cadre technique et scientifique pour la prévention, la gestion et la résolution pacifique des conflits, dans toutes leurs dimensions – communautaires, économiques, familiales ou environnementales.

Dr Rasmané Daniel Sawadogo, Président du Conseil d’administration (PCA) du CII

Dans ce sens, fonder un centre à Ouagadougou qui s’appuie sur l’irénagie, c’est, dit-il, affirmer la primauté du savoir et du savoir-faire dans la quête d’une cohésion sociale et d’un développement durable pour la région. Le CII ambitionne ainsi de devenir, à moyen terme, un centre d’excellence au service de la paix et du développement durable en Afrique. « Il s’agit d’une initiative novatrice fondée sur le postulat selon lequel le développement ne peut se concevoir sans une approche multidisciplinaire basée sur la recherche, l’expertise plurielle et le dialogue » a rappelé Dr Sawadogo.

Des mécanismes alternatifs pour résoudre les différends

Pour atteindre cette vision, le Centre international d’irénagie mise sur la recherche scientifique, l’expertise pluridisciplinaire et la formation continue, articulées autour de cinq axes majeurs : la prévention, la gestion et la résolution pacifique des conflits, la formation et le renforcement des capacités, l’appui-conseil et le coaching professionnel, les études et le consulting, ainsi que le management et la gestion des ressources humaines, avec une attention particulière à la cohésion et à la gouvernance interne.

La présentation du CII a été assurée par Wahir Justin Somé, président du comité scientifique, de formation, d’appui-conseil et de consultation du centre. Dans son exposé détaillé, il a souligné que le CII se positionne comme une institution scientifique et technique, dédiée à la consolidation de la paix, à la cohésion sociale et au développement durable, à travers la recherche, la formation, le partage d’expériences et la valorisation du savoir-faire endogène. Notre philosophie, a-t-il indiqué, est de mettre la science au service de la paix, en promouvant des mécanismes alternatifs de gestion et de résolution pacifique des conflits.

Wahir Justin Somé, président du comité scientifique, de formation, d’appui-conseil et de consultation du CII

Sur le plan opérationnel, M. Somé a souligné que le CII s’appuie sur des mécanismes alternatifs de règlement des différends (MARC), notamment la négociation, la médiation, la conciliation et l’arbitrage, reconnus par le droit burkinabè et les textes communautaires de l’OHADA. Ces outils visent à offrir aux parties en litige un cadre neutre, confidentiel et équitable, favorisant des solutions consensuelles et durables.

Le président du comité scientifique a également mis en avant les atouts structurels et organisationnels du CII : un siège moderne à Ouagadougou doté de salles de formation et de médiation équipées de technologies de pointe, un réseau d’experts seniors et juniors, nationaux et internationaux, capables d’intervenir dans les domaines économiques, sociaux, institutionnels, communautaires et environnementaux, ainsi qu’une approche pédagogique innovante, combinant formation présentielle et e-learning.

Pour Wahir Justin Somé, le CII se veut un pôle d’excellence scientifique et opérationnelle. « Nous voulons, dans le futur, devenir un centre d’excellence au service de la paix et du développement durable au Burkina Faso et en Afrique et nous y mettons les moyens pour que ce soit ainsi », a-t-il affirmé.

Une vision partagée de la paix par la science

Prenant la parole à son tour, le consultant Pr Vincent Zakané a salué la portée du projet, estimant qu’il s’agit d’un véritable catalyseur d’innovation dans la gouvernance et la recherche de la paix. « On peut se demander s’il s’agit d’un centre de plus ou d’un centre qui va apporter un plus. Pour ma part, j’ai la conviction que le Centre international d’irénagie peut réellement apporter un plus. Il s’agit de faire les choses autrement, avec rigueur et innovation », a-t-il soutenu.

Une vue des participants

Selon lui, le CII tire sa singularité de sa capacité à articuler la science, la technologie, la réflexion et l’expertise humaine au service de la cohésion sociale et du développement durable. Sur le plan juridique, a-t-il poursuivi, le centre fonctionne sous le statut de Société à responsabilité limitée (SARL), conformément à la législation de l’OHADA. Ce statut lui confère la flexibilité d’un bureau d’études et de conseil, capable d’intervenir à la fois dans le secteur public, le secteur privé et auprès des organisations internationales.

Par Léon Yougbaré

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