Réuni en Conseil des ministres ce jeudi 10 septembre 2026, le gouvernement a adopté un rapport relatif à une demande d’autorisation pour le financement de l’Initiative sectorielle d’accroissement de la souveraineté énergétique. Le coût global de cette opération est évalué à 104,18 milliards FCFA, avec un financement assuré par l’Etat burkinabè et ses partenaires.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la nécessité de moderniser les infrastructures électriques et d’accroître les capacités du système national. Elle vise notamment à résorber la vétusté des équipements de transport de l’électricité, tout en accompagnant les ambitions d’industrialisation et de développement durable du Burkina Faso.
Au-delà de la modernisation technique du réseau, le projet entend améliorer l’accès des populations aux services énergétiques à des coûts abordables. Il s’inscrit ainsi dans les orientations du Pacte national de l’énergie et du Plan RELANCE 2026-2030, qui placent l’énergie parmi les leviers essentiels de la transformation économique du pays.
Des investissements ciblés sur le transport et la distribution
La mise en œuvre de l’initiative devrait se traduire par le renouvellement des équipements de transport de l’électricité et l’extension du réseau de distribution existant. L’objectif est de renforcer la capacité du système électrique à répondre à une demande en progression, aussi bien dans les centres urbains que dans les zones périurbaines et rurales.
Le programme prévoit également des solutions énergétiques durables au profit des écoles, des ménages et des formations sanitaires. Selon les projections présentées par le gouvernement, l’initiative devrait permettre d’assurer l’accès aux services électriques à plus de 250 000 ménages, mais également à des Micros, petites et moyennes entreprises (MPME).
Pour l’économie burkinabè, l’enjeu dépasse donc la seule amélioration de l’accès à l’électricité. Le gouvernement entend faire de l’énergie un facteur de production et de création de valeur, notamment à travers « l’usage productif de l’énergie ». Des opportunités d’emplois sont ainsi attendues dans les territoires bénéficiaires, en parallèle du développement des activités économiques rendues possibles par une meilleure disponibilité de l’électricité.
SONABEL et Faso Vêenem au cœur du dispositif
Selon le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, l’investissement doit notamment contribuer au renforcement des capacités opérationnelles de la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL) et de la nouvelle Agence Faso Vêenem.
L’ambition affichée par l’exécutif est d’atteindre un taux d’électrification de 70% à l’horizon 2030, tout en réduisant la dépendance énergétique du pays. « Il s’agira également de mettre à la disposition de la Société nationale d’électricité et de l’Agence Faso Vêenem des équipements et des infrastructures nécessaires pour leur permettre d’assurer l’extension des réseaux de transport et de distribution », a précisé le ministre Gouba.
Par Léon Yougbaré


