La Guinée lance sa campagne agricole 2026-2027 avec l’ambition d’intensifier la production nationale en s’appuyant sur un dispositif renforcé de soutien aux producteurs. Le ministère de l’Agriculture a annoncé l’ouverture officielle de cette nouvelle saison, prévue du 8 au 9 avril dans la plaine de Koba, dans la préfecture de Boffa.
Pour cette campagne 2026-2027, l’État prévoit une mobilisation massive de ressources pour accompagner les acteurs du secteur. Cette initiative vise à créer les conditions d’une hausse durable des rendements, en facilitant l’accès aux intrants, aux équipements et à l’encadrement technique.
Un important volume d’intrants agricoles sera ainsi mis à disposition, avec notamment 34 000 tonnes d’engrais NPK et 10 000 tonnes d’urée. À cela s’ajoutent des herbicides adaptés ainsi que des semences améliorées, dont 3 000 tonnes de riz, 1 500 tonnes de maïs et plus de 700 tonnes de cultures maraîchères. Ces apports visent à améliorer la productivité sur des milliers d’hectares à travers le pays.
Parallèlement, les autorités entendent accélérer la mécanisation agricole. Des équipements tels que des tracteurs, motoculteurs et moissonneuses-batteuses seront déployés pour moderniser les pratiques culturales et réduire la pénibilité du travail dans les exploitations.
Cette stratégie s’accompagne d’un appui direct aux producteurs. Le gouvernement prévoit de soutenir 1 500 000 petits exploitants ainsi que 100 000 agriculteurs performants, avec un accent particulier sur l’inclusion des jeunes et des femmes. Dans cette optique, plusieurs centaines de projets seront financés afin de favoriser l’entrepreneuriat rural et renforcer l’autonomisation économique de ces groupes.
Par ailleurs, l’approche intègre le développement des infrastructures agricoles, avec l’aménagement de plus de 10 000 hectares de périmètres cultivables et la construction de plus de 1 200 kilomètres de pistes rurales. L’amélioration des capacités de stockage et de transformation figure également parmi les priorités, afin de limiter les pertes post-récolte et de valoriser davantage les productions locales.
Cette nouvelle campagne s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée, marquée par des performances en nette progression en 2025. La production de riz est passée de 1 446 690 tonnes à 1 640 184 tonnes, soit une hausse de 13 %. Le maïs a enregistré une croissance encore plus marquée, avec une production passant de 564 000 à 756 000 tonnes, soit une augmentation de 33 %. Des résultats qui traduisent l’impact des investissements engagés ces dernières années.
Par Bernadette W. Gansonré


