Les États-Unis ont décidé de prolonger jusqu’au 31 décembre 2026 l’accès en franchise de droits à leur marché pour plusieurs pays africains éligibles au titre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). L’annonce a été confirmée le 3 février 2026, marquant une nouvelle étape dans la coopération commerciale entre Washington et l’Afrique subsaharienne. Cette extension, qui intervient avec effet rétroactif à compter du 30 septembre 2025, vise à consolider les échanges économiques en permettant aux pays bénéficiaires d’exporter vers les États-Unis plus de 1 800 produits sans droits de douane.
La réautorisation de l’AGOA a été formalisée par la signature d’une loi par le président Donald Trump le 3 février 2026. Dans un communiqué officiel, l’exécutif américain précise que cette décision s’inscrit dans la volonté de renforcer un dispositif commercial jugé stratégique pour la croissance économique et le développement durable des pays partenaires. Selon les autorités américaines, l’AGOA doit désormais répondre aux exigences du XXIᵉ siècle, en demandant davantage d’engagements aux pays bénéficiaires tout en améliorant l’accès au marché pour les entreprises, agriculteurs et éleveurs américains.
Depuis son adoption en 2000, l’AGOA constitue l’un des principaux piliers des relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne. Le programme offre un accès préférentiel au marché américain pour plus de 1 800 produits, en complément de plus de 5 000 articles déjà couverts par le Système généralisé de préférences. Pour conserver leur éligibilité, les pays participants doivent démontrer des progrès concrets en matière d’économie de marché, de pluralisme politique, de respect des droits humains, de lutte contre la corruption et de réduction de la pauvreté, tout en levant les obstacles au commerce.
Au fil des deux dernières décennies, l’AGOA a contribué à l’augmentation des exportations africaines vers les États-Unis, tout en soutenant des réformes économiques et le renforcement des institutions politiques. Initialement prévu pour expirer en 2015, le programme avait été modernisé puis prolongé jusqu’en 2025, avant cette nouvelle extension jusqu’à fin 2026. En 2025, 32 pays africains demeuraient éligibles aux avantages du dispositif, parmi lesquels le Burkina Faso, mais aussi plusieurs économies d’Afrique de l’Ouest, centrale, orientale et australe.
Au-delà de l’accès préférentiel au marché américain, l’AGOA se distingue par son ambition plus large, en cherchant à aligner les avantages commerciaux avec des objectifs politiques et institutionnels. La réautorisation prévoit ainsi une clarification des responsabilités de mise en œuvre pour les pays bénéficiaires, tandis que le représentant américain au commerce procédera à une mise à jour du calendrier tarifaire harmonisé afin d’intégrer les changements induits par cette prolongation. Pour de nombreux pays africains, cette décision offre une fenêtre supplémentaire pour consolider leurs exportations, attirer des investissements et accélérer les réformes économiques, dans un contexte mondial marqué par des tensions commerciales croissantes et une concurrence accrue pour l’accès aux grands marchés internationaux.
Par Amhed Coulibaly


