La dette publique ivoirienne s’établit à 36 087,6 milliards FCFA à fin juin 2026, représentant 57,9 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau inférieur au plafond communautaire de 70 % fixé dans l’espace UEMOA. Composé majoritairement d’engagements extérieurs, l’encours reste marqué par le poids du service de la dette, tandis que les émissions de titres publics et les opérations de couverture du risque de change occupent une place importante dans la stratégie de financement de l’État.
La Côte d’Ivoire poursuit sa mobilisation de ressources pour financer ses besoins budgétaires et ses investissements, tout en maintenant son endettement sous le seuil communautaire. À fin juin 2026, l’encours de la dette publique atteint 36 087,6 milliards FCFA, soit 57,9 % du PIB. Ce ratio reste inférieur de 12,1 points de pourcentage au plafond de 70 % retenu dans les critères de convergence de l’UEMOA.
La structure de cet endettement révèle une prédominance de la dette extérieure, qui s’élève à 22 288,6 milliards FCFA, contre 13 798,9 milliards FCFA pour la dette intérieure. La première représente ainsi environ 61,8 % de l’encours total, tandis que les engagements contractés sur le marché domestique en constituent 38,2 %.
Sur la période, le service total de la dette ressort à 3 718,2 milliards FCFA. La dette intérieure concentre l’essentiel de cette charge, avec 2 591,4 milliards FCFA, soit près de 69,7 % du service total. Par ailleurs, les intérêts de la dette représentent 7,2 % des recettes budgétaires, un indicateur qui permet d’apprécier le poids du coût de l’endettement sur les ressources mobilisées par l’État.
La composition de la dette extérieure met en évidence une diversification des créanciers. Les institutions multilatérales détiennent 39,3 % de cet encours, suivies des porteurs de titres de créances, qui représentent 35,7 %. Les créanciers bilatéraux comptent pour 13 %, tandis que les autres créances représentent 12,1 %.
Du point de vue de l’exposition aux risques financiers, 67,2 % de la dette extérieure est libellée en euros et 89,8 % est contractée à taux fixe. Cette structure limite notamment l’exposition aux fluctuations des taux d’intérêt. Pour réduire davantage les risques de change, les autorités ivoiriennes ont engagé des opérations de couverture EUR-USD. Compte tenu de la parité fixe entre le franc CFA et l’euro, ces opérations consistent à convertir, au moyen d’instruments dérivés, une partie du service de la dette libellée en dollars en engagements en euros. Elles ciblent principalement les Eurobonds et certains emprunts bilatéraux.
Cette stratégie de gestion proactive s’est notamment illustrée en février 2026 avec une nouvelle opération sur les marchés internationaux. La Côte d’Ivoire a mobilisé 1,3 milliard de dollars à travers une émission d’Eurobond d’une maturité de 15 ans. L’opération a suscité une demande particulièrement importante, avec des souscriptions avoisinant 6,3 milliards de dollars, soit près de cinq fois le montant recherché. Après couverture, le financement a été obtenu à un taux de 5,39 %, présenté comme le plus faible enregistré par le pays et, plus largement, en Afrique subsaharienne au cours des cinq dernières années.
Sur le marché régional, l’État ivoirien continue également de mobiliser des ressources importantes pour couvrir ses besoins de financement. Les émissions de titres publics ont permis de collecter 3 896,2 milliards FCFA. Ce montant comprend 2 994,1 milliards FCFA d’obligations du Trésor émises par adjudication, 170,6 milliards FCFA de bons du Trésor et 731,5 milliards FCFA d’emprunts obligataires par syndication. La dette intérieure est ainsi principalement constituée d’obligations émises par adjudication, qui représentent 53,3 % de son encours, et d’emprunts obligataires par syndication, à hauteur de 37,1 %.
En complément des émissions sur les marchés financiers, le pays poursuit la mobilisation de financements extérieurs conventionnels. À fin juin 2026, treize offres de financement extérieur avaient fait l’objet de signatures de conventions de crédit. Les décaissements enregistrés au titre des emprunts-projets atteignent 647,5 milliards FCFA, tandis que ceux relatifs aux emprunts-programmes s’élèvent à 480,3 milliards FCFA.
La dynamique du marché régional bénéficie par ailleurs d’un environnement monétaire plus favorable. Les interventions de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), notamment à travers les injections de liquidités, ainsi que l’assouplissement de sa politique monétaire ont contribué à améliorer les conditions de financement. Le taux directeur a notamment été réduit de 25 points de base en juin 2025, puis de nouveau de 25 points de base en mars 2026, pour s’établir à 3 %.
Par Drissa Ouattara


