Coton africain : Afreximbank et ses partenaires tracent la voie d’une industrialisation durable pour le C4+

La transformation du coton en Afrique francophone sort du stade des intentions. À l’occasion d’une réunion tenue au siège d’Afreximbank les 28 et 29 avril 2025, les acteurs du Partenariat pour le coton (PPC) ont posé les jalons d’une industrie du textile et de l’habillement plus intégrée et plus compétitive dans les pays du C4+.

La Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank) a accueilli pendant deux jours au Caire le comité directeur du Partenariat pour le coton (PPC), une initiative qui vise à impulser la transformation locale du coton dans les pays en développement. Au cœur des échanges : le décollage industriel du secteur coton-textile-habillement (CTG) dans le C4+ (Bénin, Burkina Faso, Tchad, Mali et Côte d’Ivoire).

Pour Afreximbank, cette filière constitue un levier stratégique de développement. « Dans certains pays, le coton contribue jusqu’à 60 % du PIB et des recettes en devises. Mais la filière textile reste embryonnaire », a reconnu Mme Kanayo Awani, vice-présidente exécutive de la banque, en charge du commerce intra-africain. Pour y remédier, la banque entend s’attaquer aux faiblesses structurelles : faible rendement, capacités de transformation limitées, accès restreint aux technologies modernes, infrastructures déficientes ou encore vulnérabilité climatique.

L’objectif est clair : transformer localement le coton africain pour créer de la valeur, des emplois et réduire la dépendance aux exportations de matière première brute. Afreximbank promet de mobiliser toute une gamme d’outils financiers et non financiers : financement de projets, soutien aux PME, services de conseil à l’exportation, solutions d’assurance, développement de plateformes numériques pour améliorer l’accès aux marchés et la conformité.

Au-delà des annonces, les discussions ont abouti à une avancée concrète : la signature d’un amendement à l’accord de fonds fiduciaire entre Afreximbank et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Cette révision permet de renforcer une subvention de 80 230 dollars (environ 49 millions de FCFA) pour financer une étude de base essentielle au développement de la chaîne de valeur coton-textile dans le cadre du PPC, en partenariat avec l’OMC et la FIFA.

Jean-Marie Paugam, directeur général adjoint de l’Organisation mondiale du commerce et président du comité directeur, s’est montré optimiste : « J’espère que les discussions aboutiront à des résultats concrets pour l’industrialisation et la transformation locale du coton dans les pays partenaires. »

La prochaine étape se jouera à Genève, où les résultats de cette rencontre seront présentés à l’OMC le 14 mai prochain. L’enjeu : faire entendre la voix des producteurs africains dans une industrie mondiale du coton encore largement dominée par l’exportation de fibres non transformées.

Par Amhed Coulibaly

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