Égypte : le groupe Dangote envisage des investissements pouvant atteindre 15 milliards de dollars dans le raffinage et la pétrochimie

Le conglomérat nigérian Dangote Group explore de nouvelles opportunités d’investissement en Égypte, avec une enveloppe potentielle comprise entre 10 et 15 milliards de dollars. Cette expansion, principalement orientée vers le raffinage pétrolier et la pétrochimie, s’inscrit dans la stratégie Vision 2030 d’Aliko Dangote, qui ambitionne de porter le chiffre d’affaires annuel de son groupe à 100 milliards de dollars et de renforcer son empreinte industrielle à travers le continent africain.

Le groupe nigérian Dangote poursuit ses ambitions d’expansion continentale. Le conglomérat explore des opportunités d’investissement en Égypte, avec des engagements financiers susceptibles d’atteindre 15 milliards de dollars. Cette perspective pourrait constituer l’une des plus importantes opérations d’expansion du groupe en Afrique du Nord, avec un accent particulier sur les industries pétrolière et pétrochimique.

Cette perspective d’investissement a notamment été au cœur d’une rencontre organisée le dimanche 1er novembre 2026 au siège de Dangote Industries Limited, à Lagos, entre Aliko Dangote et le ministre égyptien de l’Investissement et du Commerce extérieur, Mohamed Farid Saleh, accompagné d’une délégation de hauts responsables gouvernementaux et industriels.

À cette occasion, le dirigeant du groupe nigérian a présenté cette coopération comme une opportunité de renforcer l’intégration économique africaine et de contribuer aux ambitions industrielles de son entreprise dans le cadre de sa stratégie Vision 2030.

Les activités de raffinage pétrolier et de pétrochimie constituent les principaux axes envisagés pour cette implantation. Aliko Dangote avait déjà évoqué, le mois précédent, une première enveloppe d’investissement d’environ 10 milliards de dollars, avec la possibilité de dépasser les 15 milliards de dollars en fonction de l’aboutissement des discussions avec les autorités égyptiennes.

L’ambition affichée est notamment de positionner l’Égypte comme un important exportateur de produits pétroliers raffinés, plutôt que comme un pays dépendant essentiellement des importations. Les discussions engagées avec les responsables égyptiens auraient été positives, selon l’homme d’affaires, qui entend collaborer avec les autorités chargées de l’investissement pour identifier des projets concrets.

Du côté égyptien, l’intérêt pour un partenariat industriel de long terme avec le groupe Dangote est également manifeste. Le 15 octobre 2026, Mohamed Awad, directeur général de l’Autorité générale égyptienne pour l’investissement et les zones franches, avait exprimé la volonté du gouvernement de renforcer les relations avec les grands conglomérats africains. S’exprimant lors d’un événement organisé au siège historique de la Bourse égyptienne, au Caire, il avait notamment évoqué la perspective d’une coopération durable avec le groupe nigérian.

Au-delà de l’Égypte, cette nouvelle orientation s’inscrit dans un programme d’expansion industrielle de grande envergure. Aliko Dangote ambitionne de porter le chiffre d’affaires annuel de son groupe à 100 milliards de dollars d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, l’homme d’affaires prévoit de consacrer jusqu’à 50 milliards de dollars à des projets industriels à travers l’Afrique sur la même période. Leur financement devrait reposer sur une combinaison de ressources internes, d’émissions de capitaux propres et d’endettement.

Le portefeuille de projets envisagés témoigne de l’ampleur de cette ambition. Il comprend notamment la construction d’un gazoduc sous-marin de 530 kilomètres, le développement de capacités de production électrique pouvant atteindre 10 000 mégawatts, ainsi que la mise en place d’une usine d’alkylbenzène linéaire d’une capacité annuelle de 400 000 tonnes. Le groupe prévoit également d’accroître ses capacités de production d’engrais uréiques et de polyéthylène.

Dans le secteur cimentier, Dangote Cement, présenté comme le premier producteur de ciment du continent, vise une capacité de production annuelle de 100 millions de tonnes. Ces investissements doivent permettre au conglomérat de consolider sa position dans plusieurs filières industrielles stratégiques et de renforcer sa présence sur les marchés africains.

L’ampleur exacte et la composition des investissements envisagés en Égypte restent toutefois à préciser. Les activités de raffinage et de pétrochimie devraient occuper une place centrale dans les discussions, au regard des opportunités identifiées dans cette économie d’Afrique du Nord.

Les relations entre Aliko Dangote et l’Égypte ne sont pas uniquement économiques. L’homme d’affaires nigérian y a également effectué une partie de son parcours académique, en étudiant le commerce à l’université Al-Azhar, au Caire, avant de bâtir son empire industriel dans le ciment, le sucre, la farine, les engrais et, plus récemment, le raffinage pétrolier.

Par Drissa Ouattara

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