Emmanuel Macron dénonce le retrait des banques françaises d’Afrique et appelle à un sursaut économique

Dans son intervention devant les ambassadeurs et ambassadrices de France, le jeudi 8 janvier 2026, le président Emmanuel Macron a mis en lumière un paradoxe central de la politique africaine française. Alors que la relation diplomatique avec le continent a été profondément réinventée au cours des dernières années, l’engagement économique, et en particulier bancaire, s’est au contraire affaibli.

Sur le terrain économique, le président français Emmanuel Macron dresse un constat amer. Selon lui, la France fait aujourd’hui exactement l’inverse de ce qu’elle a entrepris sur le plan diplomatique. À mesure que l’approche politique a gagné en cohérence et en lisibilité, de nombreux groupes français se sont désengagés du continent africain.

Emmanuel Macron rappelle qu’il y a encore quinze ans, la France était une puissance bancaire et financière majeure en Afrique. Cette position s’est progressivement érodée jusqu’à un retrait massif des établissements français. Les explications avancées, notamment celles liées au durcissement des régulations, ne suffisent pas, selon lui, à justifier un tel désengagement, d’autant plus que les positions laissées vacantes ont été rapidement occupées par d’autres acteurs internationaux.

Il pointe ainsi une forme de prudence excessive qu’il juge désormais incompréhensible. Cette attitude contraste avec l’intensité de la concurrence économique et financière à l’œuvre sur le continent africain, où se joue une bataille d’influence majeure.

Face à ce constat, Emmanuel Macron indique avoir demandé au gouvernement de revoir en profondeur l’approche française sur les sujets financiers. Il s’agit ici de recréer les conditions d’un retour plus actif des acteurs économiques français en Afrique, en particulier dans le secteur bancaire et financier, essentiel au financement des économies locales, des entreprises et des infrastructures.

Ce retour ne doit toutefois pas se faire à n’importe quel prix. Le chef de l’État français insiste sur la nécessité de privilégier les entreprises animées par une véritable volonté de partenariat, respectueuses des économies locales et prêtes à s’inscrire dans la durée. Les grandes entreprises désengagées ou dépourvues d’ambition ne sont plus, à l’en croire, prioritaires. À l’inverse, les PME, les entreprises de taille intermédiaire et les start-ups françaises sont identifiées comme des relais essentiels de cette nouvelle stratégie économique.

Emmanuel Macron estime que le sommet de Nairobi, prévu en mai 2026, doit incarner cette évolution. En plaçant l’économie, l’entrepreneuriat et les acteurs africains au cœur des discussions, ce rendez-vous entend matérialiser le changement d’approche revendiqué par la France, dans un contexte de concurrence accrue des puissances émergentes.

Par Leila Toé

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet