L’Éthiopie négocie un financement de 400 millions d’euros auprès de trois banques italiennes pour achever le barrage hydroélectrique de Koysha, d’une capacité de 1 800 mégawatts. Un projet stratégique pour renforcer l’approvisionnement électrique du pays, mais dont l’achèvement reste freiné par les difficultés de financement et la restructuration de la dette extérieure.
L’Éthiopie cherche à mobiliser de nouveaux financements pour finaliser l’un de ses plus importants projets énergétiques. Le gouvernement est en pourparlers avec trois banques italiennes en vue d’obtenir des prêts d’un montant total de 400 millions d’euros destinés à l’achèvement du barrage hydroélectrique de Koysha, dans le sud-ouest du pays.
À ce financement extérieur devrait s’ajouter une enveloppe de 100 millions d’euros à mobiliser sur le marché national. L’annonce a été faite par Ashebir Balcha, directeur général d’Ethiopian Electric Power, qui a indiqué que la signature de l’accord de prêt était attendue en octobre.
Le projet, dont le coût total est estimé à 3 milliards d’euros, accuse déjà un retard d’environ trois ans. Lancée en 2016, la construction de Koysha a été confrontée aux difficultés d’accès au financement, dans un contexte marqué par les contraintes budgétaires et la restructuration de la dette extérieure éthiopienne.
Le pays travaille notamment à la restructuration d’environ 4,5 milliards de dollars de dette extérieure, après son défaut de paiement sur les intérêts d’une euro-obligation en 2023. Cette situation a compliqué la mobilisation de ressources pour les grands projets d’infrastructures, alors que les besoins énergétiques de l’économie continuent de progresser.
Une fois achevé, le barrage de Koysha devrait disposer d’une capacité de production de 1 800 mégawatts et générer environ 6 460 gigawattheures d’électricité par an. Ces performances pourraient contribuer à renforcer l’offre énergétique nationale, à soutenir l’activité industrielle et à améliorer l’accès à l’électricité pour les ménages et les entreprises.
Au-delà de sa fonction énergétique, l’infrastructure doit également donner naissance à un lac artificiel d’environ 200 kilomètres carrés. Les autorités éthiopiennes espèrent que cet aménagement favorisera le développement du tourisme et stimulera les activités économiques dans les communautés environnantes.
Le financement de Koysha intervient dans le prolongement des investissements massifs engagés par Addis-Abeba dans l’hydroélectricité. L’Éthiopie a notamment mis en service, en 2025, le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, connu sous le nom de GERD. D’un coût annoncé de 4,8 milliards de dollars, cette infrastructure affiche une capacité de production de 5 150 mégawatts et a contribué à accroître fortement la capacité électrique du pays.
Par Drissa Ouattara


