Gabon : Moody’s abaisse la perspective souveraine à « négative » sur fond de tensions de financement

L’agence de notation Moody’s a révisé à la baisse la perspective de la note souveraine du Gabon, passée de « stable » à « négative » le 24 juin 2026. La note elle-même est maintenue à Caa2.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par des besoins de financement jugés élevés, un accès toujours limité aux marchés internationaux et la possibilité de nouvelles opérations de restructuration de la dette. Autant de facteurs qui continuent de peser sur l’équilibre des finances publiques, malgré les réformes engagées par les autorités pour assainir la gestion budgétaire et soutenir les investissements prévus dans le cadre du Plan national de croissance et de développement (PNCD).

Pour Moody’s, les pressions budgétaires demeurent importantes. L’agence met en avant la combinaison de besoins de trésorerie élevés, de conditions de financement contraignantes et d’une dépendance persistante à des sources de financement limitées.

Dans ce contexte, le recours à de nouveaux échanges de dette constitue un risque non négligeable. Moody’s estime qu’une telle opération pourrait être assimilée, selon sa méthodologie, à une situation de détresse financière, proche d’un événement de défaut.

L’agence attire également l’attention sur les résultats de l’audit en cours de la dette publique gabonaise. Celui-ci pourrait mettre en évidence des engagements financiers jusque-là non comptabilisés, ce qui alourdirait davantage la charge de la dette et fragiliserait sa soutenabilité.

La révision de la perspective intervient alors même que les autorités gabonaises multiplient les initiatives de consolidation budgétaire. Fin avril 2026, le pays a conclu un accord de financement de 150 millions de dollars, soit environ 90 milliards de FCFA, avec la Banque mondiale. Ce décaissement porte à 600 millions de dollars, soit près de 360 milliards de FCFA, le soutien global de l’institution.

Ces ressources visent notamment à améliorer la gouvernance budgétaire et à accompagner la mise en œuvre des projets prioritaires en matière d’infrastructures et de développement économique.

Moody’s considère qu’un éventuel programme appuyé par le Fonds monétaire international (FMI) pourrait contribuer à restaurer progressivement la confiance des investisseurs et à améliorer l’accès du Gabon aux financements extérieurs. À court terme, toutefois, les conditions de financement demeurent difficiles.

L’agence souligne qu’une émission sur les marchés internationaux s’effectuerait à des coûts d’emprunt nettement plus élevés, dans un environnement où les risques restent importants.

Dans ses projections, Moody’s anticipe le maintien de déficits budgétaires significatifs au cours des prochaines années.

Par Bernadette W. Gansonré

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