Le Gabon a officiellement tourné la page de la transition politique avec l’arrivée, ce 1er janvier 2026, d’une nouvelle équipe gouvernementale. L’annonce a été faite par la secrétaire générale de la Présidence de la République, Murielle Minkoue Mezui, épouse Mintsa Mi Owono, à travers un décret présidentiel portant composition du gouvernement. Cette nouvelle équipe succède à celle formée le 5 mai 2025 et marque l’entrée du pays dans une phase institutionnelle présentée comme celle de la stabilisation et de la relance.
Le nouvel Exécutif se distingue par un format resserré, passant de 30 à 29 membres. Il se caractérise par un renouvellement significatif avec 13 nouveaux entrants, 14 sortants et le maintien de trois ministres d’État.
L’un des faits saillants de ce remaniement reste le départ d’Henri-Claude Oyima, président-directeur général du groupe BGFIBank, qui quitte le gouvernement après moins de huit mois aux commandes de l’économie nationale. Nommé le 5 mai 2025 avec de larges prérogatives économiques et financières, le banquier incarnait un signal fort adressé aux marchés et aux partenaires techniques et financiers. Il est remplacé par son conseiller technique Thierry Minko.
Sur le plan institutionnel, Hugues Alexandre Barro Chambrier est nommé vice-président de la République, tandis qu’Hermann Immongault accède au poste de vice-président du Gouvernement. Cette configuration est conforme aux dispositions de la nouvelle constitution qui consacre la suppression du poste de premier ministre ; le président de la République occupant officiellement la fonction de chef du gouvernement.
Au rang des ministres d’État, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi fait son entrée comme ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, avec le rang de ministre d’État. Il rejoint la générale de corps d’armée Brigitte Onkanowa, maintenue à la Défense nationale, ainsi que Camélia Ntoutoume Leclercq, reconduite à l’Éducation nationale et à l’Instruction civique.
Le remaniement touche en profondeur les ministères économiques et sociaux. Sosthène Nguéma Nguéma prend les rênes des Mines et des Ressources géologiques, Clotaire Kondja hérite du portefeuille du Pétrole et du Gaz, tandis que Louise Pierrette Mvono est nommée à la Planification et à la Prospective.
Les secteurs sociaux et de gouvernance connaissent également d’importants ajustements. Augustin Emane est nommé à la Justice, en qualité de garde des Sceaux chargé des Droits humains, Elza Ayo épouse Bivigou prend la tête du ministère de la Santé, et Armande Longo épouse Moulengui hérite des Affaires sociales, avec un accent particulier sur la protection de l’enfance et de la femme. Dans le même temps, Charles Edgard Mombo est nommé ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, tout en assumant les fonctions de porte-parole du gouvernement.
Enfin, sur le plan budgétaire, le ministère des Comptes publics et de la Dette est réaménagé. Le portefeuille est transformé en un poste de ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé du Budget. Cette fonction est confiée à Marc Abeghe, succédant à Charles M’ba.
Par Léon Yougbaré


