Le Ghana renforce sa capacité à mobiliser des devises étrangères à partir de ses ressources aurifères. En septembre 2026, le Ghana Gold Board (GoldBod) a généré 1,871 milliard de dollars US grâce à ses opérations de commercialisation de l’or issu de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (ASM). Cette performance dépasse de 471 millions de dollars l’objectif mensuel de 1,4 milliard de dollars fixé par l’institution, confirmant le rôle croissant du secteur aurifère artisanal dans le renforcement des équilibres macroéconomiques du pays.
Selon les données communiquées par GoldBod, cette mobilisation de devises s’inscrit dans le cadre de son mandat défini par la loi ACT 1140, notamment sa section 2(b). Sur le montant total généré, 701,3 millions de dollars ont été mis à la disposition des banques commerciales agréées, dépassant légèrement l’objectif initial de 700 millions de dollars. Cette allocation vise à renforcer la liquidité du marché des changes et à soutenir la stabilité du cedi, la monnaie nationale.
La Banque du Ghana a, pour sa part, bénéficié d’un transfert direct de 1,170 milliard de dollars, contre un objectif de 700 millions de dollars. Cette contribution, supérieure de 470 millions de dollars à la cible annoncée, participe à l’accumulation des réserves internationales et au renforcement des capacités d’intervention de la banque centrale sur le marché des changes.
Ces résultats montre la stratégie engagée par les autorités ghanéennes pour mieux canaliser les revenus issus de l’exploitation aurifère artisanale vers le système financier national. Historiquement, ce segment de l’industrie minière a été confronté à des difficultés structurelles, notamment la contrebande, les fuites de recettes et la fragmentation des circuits de commercialisation, limitant la capacité de l’État à capter les devises générées par les exportations d’or.
La mise en place de GoldBod comme acheteur et régulateur centralisé répond ainsi à un double objectif : formaliser les transactions aurifères et transformer les ressources minières locales en un levier de stabilité monétaire. En regroupant les exportations d’or artisanal dans un circuit légal structuré, le dispositif permet d’orienter directement les recettes d’exportation vers les banques commerciales et la Banque du Ghana, réduisant ainsi la dépendance aux sources extérieures de financement en devises.
Pour accompagner cette dynamique, GoldBod a également mis en place un cadre de vente et d’intermédiation des devises au comptant, destiné à garantir la transparence des transactions, l’accès équitable des établissements financiers aux devises et le respect des exigences réglementaires. Ce mécanisme repose notamment sur des circuits de commercialisation formalisés avec des agrégateurs et des acheteurs agréés, ainsi que sur l’application des procédures de connaissance du client (KYC), en collaboration avec la Banque du Ghana et le Financial Intelligence Centre.
L’institution entend maintenir une application rigoureuse de ces règles à mesure que les volumes de transactions augmentent, afin de préserver l’intégrité du marché et de garantir une circulation fluide des liquidités dans le système bancaire.
Pour octobre 2026, GoldBod prévoit de mobiliser 1,5 milliard de dollars supplémentaires en devises étrangères, dont 1 milliard destiné aux banques commerciales et jusqu’à 500 millions de dollars à la Banque du Ghana. Cette nouvelle cible s’inscrit dans le cadre du Ghana Accelerated National Reserve Accumulation Programme (GANRAP), un dispositif visant à accélérer la constitution des réserves nationales.
Par Amhed Coulibaly


