Le Ghana va officiellement déposer une demande pour rejoindre les BRICS, après l’approbation de sa candidature par le gouvernement. L’annonce a été faite le mardi 6 octobre 2026 par le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, à Accra.
Le gouvernement doit désormais engager les démarches nécessaires pour soumettre officiellement la candidature du pays. L’adhésion ne sera donc effective qu’après l’examen de la demande et son acceptation par les membres du groupe.
Cette démarche répond à la volonté du Ghana de diversifier ses partenariats internationaux et d’élargir ses options en matière de commerce, d’investissement et de financement. Le gouvernement ghanéen estime que les BRICS peuvent accompagner sa stratégie de transformation économique, à un moment où le pays cherche à passer de la stabilisation à une phase de croissance davantage axée sur l’industrialisation et la création d’emplois.
Le Ghana entend également renforcer sa capacité à valoriser ses ressources naturelles. La politique défendue par le président John Dramani Mahama met notamment l’accent sur une plus grande souveraineté sur les ressources et sur la transformation locale des matières premières, plutôt que sur leur seule exportation.
Les relations économiques déjà développées avec plusieurs membres viennent, par ailleurs, justifier cette décision. Les échanges commerciaux entre le Ghana et l’Inde sont ainsi passés d’environ 3 milliards de dollars en 2024 à près de 7 milliards actuellement, selon le ministre des Affaires étrangères. La Chine constitue également un partenaire économique majeur du pays.
L’adhésion envisagée ne remet toutefois pas en cause les relations d’Accra avec les institutions et partenaires occidentaux. Le gouvernement veut plutôt élargir son champ de coopération. Le Ghana reste ainsi membre des institutions de Bretton Woods et continue de travailler avec les institutions financières multilatérales africaines. Le gouvernement rappelle, à ce titre, le soutien apporté par Afreximbank pendant la crise financière de 2023-2024, avec environ 700 millions de dollars mobilisés en faveur du pays.
Le ministre ghanéen présente ainsi les BRICS comme une possibilité supplémentaire pour le pays de disposer de davantage de choix dans la conduite de sa politique économique.
Créé à l’origine par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, le groupe a intégré l’Afrique du Sud en 2010 avant de s’élargir à plusieurs autres pays. L’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont notamment rejoint le groupe en 2024, suivis par l’Indonésie. D’autres pays ont ensuite obtenu le statut de partenaires.
Par Leila Toé


