Le producteur ghanéen de sel ElectroChem Ghana cherche à lever 500 millions de dollars, soit 290 milliards de FCFA, afin de financer un vaste programme d’industrialisation de son gisement d’Ada Songor. L’ambition est de transformer localement le sel produit sur le site afin de faire passer sa valeur marchande de 25 à 40 dollars la tonne (14 500 à 23 200 FCFA) à 200 à 500 dollars (116 000 à 290 000 FCFA) après raffinage.
Selon l’entreprise, ce financement permettra de finaliser une raffinerie de sel, de construire une usine de production de soude caustique et de brome, de réaliser des pipelines et d’autres infrastructures industrielles, ainsi qu’un port d’exportation dédié, dont le coût est estimé à 100 millions de dollars (58 milliards de FCFA). Cette plateforme portuaire doit permettre d’expédier les volumes de production dans de meilleures conditions logistiques et à moindre coût.
Le programme sera toutefois mis en œuvre par étapes. Dans un premier temps, ElectroChem cherche à mobiliser 60 millions de dollars (35 milliards de FCFA) pour achever la raffinerie et développer le secteur A de la concession. Les secteurs B et C, situés entre Ada Ouest et Ada Est, seront aménagés dans une phase ultérieure, le développement de l’ensemble du site justifiant le besoin de financement global de 500 millions de dollars.
L’entreprise souligne avoir déjà engagé plus de 120 millions de dollars (70 milliards de FCFA) dans le développement de ses infrastructures. Une raffinerie de 40 millions de dollars (23 milliards de FCFA), capable de traiter 100 tonnes de sel par jour, est notamment en cours de construction.
Pour convaincre les investisseurs, ElectroChem met en avant le potentiel de sa concession de Songor, qui couvre 16 600 hectares et figure parmi les plus importants gisements de sel naturel d’Afrique de l’Ouest. À en croire la direction, la transformation locale de cette ressource permettrait au Ghana de capter une part beaucoup plus importante de la valeur créée par ses exportations.
Dans cette optique, des investisseurs des Émirats arabes unis, de France, du Royaume-Uni et d’Autriche ont effectué plusieurs visites sur le site au cours des six derniers mois afin d’évaluer le potentiel du projet. L’entreprise précise toutefois que l’ouverture à des capitaux étrangers ne remettra pas en cause son contrôle par des intérêts ghanéens.
En parallèle, ElectroChem bénéficie déjà du soutien du Fonds d’investissement des revenus miniers (MIIF), qui a investi 365 millions de cédis ghanéens dans son capital. Cet investissement est conditionné à une introduction à la Bourse du Ghana dans un délai de trois ans. Toutefois, cette opération demeure suspendue en raison de l’absence de conseil d’administration à la Securities and Exchange Commission (SEC) depuis août 2024, privant l’entreprise d’une source supplémentaire de financement.
Le projet est présenté comme un levier d’industrialisation et de développement local. ElectroChem met notamment en avant les emplois attendus. L’entreprise indique par ailleurs que 90 % de ses effectifs sont recrutés dans la région et que les petits producteurs de sel seront associés à l’approvisionnement de la future raffinerie.
Créée en 2017, ElectroChem Ghana Ltd. exploite une concession de 41 000 acres à Ada Songor, avec une capacité actuelle de production d’un million de tonnes de sel par an. À terme, la société ambitionne de développer une filière chimique intégrée utilisant cette matière première pour produire notamment de la soude caustique et d’autres dérivés à forte valeur ajoutée, faisant du sel un pilier de l’industrialisation du Ghana.
Par Bernadette W.Gansonré


