Du 1er janvier au 20 octobre 2026, le Ghana Gold Board (GoldBod) a collecté et exporté 85,4 tonnes d’or issues de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, pour une valeur estimée à 11,6 milliards de dollars américains, soit 6 960 milliards de FCFA. Ces chiffres, annoncés par son directeur général, Sammy Gyamfi, illustrent les effets des réformes engagées par les autorités ghanéennes pour formaliser le commerce de l’or, renforcer la traçabilité des transactions et lutter contre la contrebande.
Sur la même période, les exportations d’or issues de l’exploitation minière industrielle se sont établies à 76 tonnes, pour une valeur estimée à 11,1 milliards de dollars, soit 6 660 milliards de FCFA. L’exploitation minière artisanale et à petite échelle a ainsi dépassé l’exploitation minière industrielle, tant en volume d’or exporté qu’en valeur des exportations, selon les données communiquées.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis 2025. Les exportations d’or issues de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle sont passées de 63 tonnes en 2024 à environ 104 tonnes en 2025. Cette progression a permis à cette filière de dépasser, pour la première fois dans l’histoire du pays, les volumes d’or exportés issus de l’exploitation minière industrielle. En 2025, les exportations d’or artisanal et à petite échelle auraient généré 10,8 milliards de dollars, soit 6 480 milliards de FCFA, de recettes en devises, contribuant au renforcement des réserves nationales, à la stabilisation du marché des changes et à l’appréciation du cedi, la monnaie ghanéenne.
Parallèlement, en 2026, GoldBod a acheté et livré à la Banque du Ghana 1,8 tonne d’or issue de l’exploitation minière industrielle, pour une valeur de 224 millions de dollars, soit 134,4 milliards de FCFA. Cette opération contribue également à la mobilisation des ressources aurifères au profit des réserves nationales.
Ces performances sont attribuables aux réformes engagées par GoldBod pour mieux encadrer la commercialisation de l’or issu de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle et réintégrer dans les circuits officiels les volumes qui échappaient au contrôle de l’État.
Avant la mise en œuvre de ces mesures, le secteur était confronté à plusieurs difficultés, notamment la sous-déclaration des exportations, la contrebande, les échanges transfrontaliers informels et le faible rapatriement des recettes en devises étrangères.
L’ampleur de ces pertes ressort d’une analyse de SWISSAID fondée sur les données de la base UN Comtrade. Entre 2019 et 2023, un écart cumulé de 229 tonnes d’or, évalué à environ 11,4 milliards de dollars, soit 6 840 milliards de FCFA, a été relevé entre les exportations déclarées par le Ghana et les importations correspondantes enregistrées par ses partenaires commerciaux. Cette différence met en évidence d’importantes divergences dans les statistiques commerciales et suggère qu’une partie des flux aurifères échappait aux circuits déclarés.
L’évolution des exportations officiellement enregistrées témoigne également des difficultés rencontrées par la filière artisanale et à petite échelle. Après avoir atteint 75,7 tonnes en 2018, les exportations d’or issues de cette filière sont tombées à 53,4 tonnes en 2019, puis à 39,3 tonnes en 2020. En 2021, après l’instauration d’une retenue à la source de 3 % sur l’or artisanal non transformé, elles ont chuté à 3,4 tonnes, pour une valeur d’environ 185 millions de dollars, soit 111 milliards de FCFA.
Cette baisse des volumes déclarés s’expliquait par le déplacement d’une partie des transactions vers des circuits informels, réduisant la visibilité de l’État sur les flux d’or et les recettes associées. C’est dans ce contexte que GoldBod a été mis en place, avec pour mission de renforcer le contrôle de la commercialisation de l’or, d’améliorer la traçabilité des transactions et de favoriser l’intégration des exportations dans les circuits officiels.
Par Bernadette W. Gansonré
Dollar : 600 FCFA


