Face à la volatilité des cours mondiaux du cacao, le Ghana entend accélérer la transformation locale de sa production. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de traiter au moins 50 % du cacao produit dans le pays afin de mieux valoriser cette matière première stratégique, de renforcer les revenus tirés des exportations et de réduire sa dépendance aux fluctuations des marchés internationaux.
Cette ambition intervient dans un contexte de forte correction des prix du cacao. Selon la ministre ghanéenne du Commerce, de l’Agroalimentaire et de l’Industrie, Elizabeth Ofosu-Adjare, le prix de la tonne est passé d’environ 10 000 dollars début 2025 à près de 4 000 dollars début 2026. Une évolution qui montre, selon elle, les risques liés à la dépendance aux exportations de matières premières non transformées.
S’exprimant lors du Forum d’exposition et de la mission commerciale UE-Ghana sur l’agrobusiness 2026, organisé à Accra, la ministre a insisté sur la nécessité pour le pays de capter une part plus importante de la valeur générée par ses ressources agricoles grâce à leur transformation sur le territoire national.
Pour soutenir cette stratégie, le Ghana dispose désormais d’une capacité installée de broyage de cacao supérieure à 500 000 tonnes métriques. Un potentiel industriel que les autorités jugent suffisant pour atteindre l’objectif de transformation locale d’au moins la moitié de la production nationale.
Les performances des exportations non traditionnelles confortent également cette orientation. En 2025, celles-ci ont généré 5 milliards de dollars, en progression de 30,7 % par rapport à l’année précédente. Les produits transformés et semi-transformés ont contribué à hauteur de 3,9 milliards de dollars, enregistrant une croissance de 52,78 %. La pâte de cacao, le beurre de cacao et la poudre de cacao figurent parmi les principales composantes de ces exportations.
Au-delà de la filière cacao, le gouvernement ghanéen entend étendre cette politique de transformation locale à plusieurs autres produits agricoles, notamment la noix de cajou, les fruits, les légumes, le manioc, le maïs, le riz et le palmier à huile. L’objectif est de développer un tissu industriel capable de générer davantage de valeur ajoutée, de soutenir les exportations et de créer des opportunités économiques sur le territoire national.
Dans cette perspective, Elizabeth Ofosu-Adjare a invité les investisseurs européens à privilégier des partenariats avec les entreprises ghanéennes dans les domaines de la transformation industrielle, du transfert de technologies et de la fabrication destinée aux marchés d’exportation. Elle les a notamment encouragés à dépasser les activités traditionnelles d’achat et de revente de matières premières pour s’engager davantage dans la production locale.
La ministre a également annoncé le démarrage des travaux de construction d’un parc industriel à Afienya, dans la zone de Tema. Développé par le ministère du Commerce et l’Autorité des zones franches, ce projet devrait mettre à disposition des investisseurs des infrastructures destinées à accueillir des unités de production et de transformation.
Par Amhed Coulibaly


