Dans un contexte de dynamisme du secteur minier ghanéen, le Minerals Income Investment Fund (MIIF) a enregistré en 2025 un niveau inédit de redevances minières. Le Fonds a collecté 5,43 milliards de cedis ghanéens, soit environ 286 milliards de FCFA, contre 4,90 milliards de cedis (environ 258,1 milliards de FCFA) en 2024. Cette progression de 10,8 % constitue le niveau le plus élevé depuis la création de l’institution et reflète à la fois une amélioration de l’efficacité opérationnelle, un renforcement du contrôle de conformité dans le secteur extractif et un environnement international favorable aux matières premières.
Selon les données publiées par le Fonds, cette performance est en grande partie liée au renforcement de la surveillance nationale des opérations minières, visant à garantir le respect strict des obligations de paiement des redevances. Ce dispositif a contribué à réduire les retards de paiement et à améliorer sensiblement l’efficacité du recouvrement.
Parallèlement, la hausse des prix mondiaux de l’or a joué un rôle déterminant dans l’augmentation des revenus tirés des redevances. Dans un pays où l’exploitation aurifère demeure le pilier de l’industrie minière, cette conjoncture favorable a soutenu les recettes issues des principales mines.
Les mines d’or continuent ainsi de constituer l’essentiel de la base de revenus miniers du Ghana. En 2025, les redevances provenant de ce segment ont atteint 5,1 milliards de cedis (environ 268,6 milliards de FCFA), contre 4,7 milliards de cedis (près de 247,5 milliards de FCFA) un an plus tôt, soit une progression d’environ 394 millions de cedis, équivalant à 20,75 milliards de FCFA.
Cette performance a été soutenue par une production accrue, notamment grâce à la mise en exploitation de la mine Newmont Ahafo North et du projet Cardinal Namdini, ainsi que par un suivi et une collaboration renforcés entre le MIIF, la Commission des minéraux et l’Autorité du revenu du Ghana (GRA).
Le manganèse a également contribué à cette progression. Les recettes de redevances issues de ce sous-secteur ont atteint 212 millions de cedis (environ 11,17 milliards de FCFA) en 2025, contre 186 millions de cedis (près de 9,79 milliards de FCFA) en 2024, soit une hausse de 14,4 %. Cette évolution est attribuée à l’augmentation des volumes de production et à une meilleure conformité des opérateurs aux obligations de paiement des redevances.
En revanche, les redevances provenant d’autres ressources telles que le granite, le calcaire, le sable et le sel, qui représentent collectivement environ 1 % des recettes totales, sont restées légèrement en dessous des objectifs fixés. Cette situation s’explique notamment par une pression concurrentielle sur les prix dans les carrières, une réduction des marges, ainsi qu’un accès limité aux marchés sahéliens pour le sel ghanéen. La baisse des prix du sel, l’augmentation des importations et des conditions météorologiques défavorables ont également pesé sur la performance de ces segments.
Par Drissa Ouattara


