Tullow Oil entend poursuivre le développement de ses actifs Jubilee et TEN au Ghana, avec jusqu’à 10 nouveaux puits prévus dans le cadre de sa prochaine campagne de forage. Le groupe britannique, qui a enregistré une production de 43,7 milliers de barils équivalent pétrole par jour (kbep/j) au premier semestre 2026, contre 40,6 kbep/j un an plus tôt, prépare ainsi de nouvelles opérations pour accroître la contribution de ses actifs ghanéens.
Un contrat de forage a déjà été signé pour la campagne 2027-2028 au Ghana. La plateforme est attendue vers le milieu de l’année 2027 et pourra forer jusqu’à 10 puits. La définition des cibles s’appuie notamment sur les données sismiques 4D, ainsi que sur l’intégration progressive des données issues de l’étude Ocean Bottom Node (OBN).
Sur les actifs Jubilee et TEN, Tullow prévoit également plusieurs opérations à court terme destinées à transformer davantage les ressources disponibles en réserves. Le programme comprend notamment l’installation de pompes sous-marines, de nouveaux forages de développement et des interventions sur les puits existants. La société travaille aussi à la monétisation des ressources gazières.
Les performances enregistrées au premier semestre donnent déjà une première indication de la dynamique de production. La campagne de forage 2025-2026 s’est achevée en septembre, avec six unités de production Jubilee et une unité d’injection d’eau désormais en service. Les nouveaux puits ont contribué aux niveaux de production, tandis que la fiabilité des équipements a été renforcée après l’arrêt programmé de Jubilee réalisé en 2025.
Le FPSO de Jubilee a notamment affiché un taux de disponibilité supérieur à 99 % au premier semestre 2026. Tullow a également poursuivi ses opérations d’optimisation de la production, notamment grâce au fonctionnement à double colonne montante et à l’injection de gaz dans la colonne montante.
Cette progression s’est traduite dans les comptes du groupe. Le chiffre d’affaires a atteint 496 millions de dollars au premier semestre 2026, contre 411 millions de dollars sur la même période en 2025. Le prix de vente réalisé du pétrole s’est établi à 95 dollars le baril avant couverture, contre 71,4 dollars un an plus tôt, et à 86,3 dollars après couverture, contre 69,7 dollars.
Le bénéfice brut s’est établi à 276 millions de dollars, contre 165 millions de dollars au premier semestre 2025. Le groupe a toutefois enregistré une perte nette de 101 millions de dollars, affectée notamment par des charges exceptionnelles liées à une opération de refinancement.
Dans ce contexte, Tullow maintient son enveloppe de dépenses d’investissement à environ 200 millions de dollars pour l’ensemble de l’exercice 2026. Les dépenses de démantèlement devraient, quant à elles, être ramenées à environ 15 millions de dollars, contre une prévision initiale de 25 millions de dollars, en raison du report attendu de certaines contributions au fonds de démantèlement de TEN.
Le Ghana conserve par ailleurs une place importante dans le programme de cargaisons du groupe. Tullow prévoit de charger 14 cargaisons en 2026, dont 11 provenant de Jubilee et trois de TEN. Six cargaisons ont déjà été livrées au premier semestre et huit autres sont attendues au second semestre.
Les perspectives de production restent favorables. Pour 2026, Tullow table sur une production du groupe située dans la partie supérieure de sa fourchette de 34 à 42 kbep/j. Le groupe prévoit également un flux de trésorerie disponible compris entre 170 et 250 millions de dollars, sur la base d’un prix du pétrole compris entre 70 et 100 dollars le baril.
La situation financière du groupe bénéficie également du recouvrement progressif des créances gazières dues par le gouvernement ghanéen. Tullow avait récupéré 73 millions de dollars de créances antérieures à 2026 au cours du premier semestre. Le solde des créances gazières historiques a été recouvré le 28 septembre 2026.
À fin juin 2026, les réserves 2P de Tullow atteignaient 121,7 millions de barils équivalent pétrole (mmboe), soit un taux de remplacement des réserves supérieur à 380 %. La dette nette s’établissait à 1,4 milliard de dollars, contre 1,6 milliard de dollars un an auparavant, tandis que le ratio dette nette/EBITDAX ressortait à 1,9x.
Par Leila Toé


