Avec des dépenses projetées à 64 181 milliards GNF (4 172,74 milliards de FCFA) et des recettes attendues à 55 858 milliards GNF (3 631,62 milliards de FCFA), la Loi de finances initiale (LFI) 2026 révèle une orientation ambitieuse. Présentée le 28 mars 2026 devant le Conseil national de la transition (CNT) par la ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, elle table sur une croissance de 9,5 % dans un contexte international pourtant incertain.
La dynamique repose en grande partie sur une forte mobilisation des ressources internes. Les recettes intérieures devraient enregistrer une progression de 96,1 %, portant la pression fiscale à 12,9 % du PIB. Ce choix traduit une volonté de réduire la dépendance extérieure et de renforcer les capacités de financement de l’État. Dans le même temps, les dépenses augmentent de 18,3 %, avec un accent mis sur les investissements publics et les fonctions régaliennes.
Le projet Simandou constitue le pilier de cette stratégie. Le gouvernement introduit un budget d’affectation spéciale destiné à encadrer les revenus issus du fer. L’objectif est de sécuriser leur utilisation en les orientant exclusivement vers les projets structurants du programme Simandou 2040 et vers un fonds souverain. Cette approche vise à transformer les ressources minières en un levier durable de développement, en évitant une dispersion des revenus.
La LFI 2026 engage une évolution dans la gestion publique. Le passage au budget-programme pour 11 ministères pilotes marque une volonté de mieux lier les dépenses aux résultats attendus. Cette réforme s’inscrit dans une logique de planification à long terme, en cohérence avec la Loi Plan 2026-2040 et la Loi Programme 2026-2030. Elle devrait permettre d’améliorer l’efficacité de la dépense publique et de renforcer la transparence.
Les échanges avec les membres du CNT ont mis en lumière plusieurs priorités. Les discussions ont porté sur les investissements liés à Simandou 2040, les infrastructures sanitaires et éducatives, la répartition des ressources aux collectivités, ainsi que les réformes fiscales. L’optimisation des recettes minières et l’élargissement de l’assiette fiscale ont également été évoqués, tout comme la nécessité de renforcer l’inclusion sociale.
Enfin, la consolidation de la notation souveraine à B+ avec perspectives positives constitue un signal encourageant pour les partenaires et les investisseurs. Elle reflète une amélioration de la crédibilité économique du pays, même si sa traduction concrète dépendra de la mise en œuvre des réformes annoncées.
Par Leila Toé


