Hydrocarbures : Niamey et Pékin scellent un partenariat d’un milliard de dollars visant 145 000 barils par jour en 2029

Le Niger et la Chine ont scellé, le lundi 18 mai 2026, plusieurs protocoles d’accord dans le secteur des hydrocarbures, lors d’une cérémonie présidée à Niamey par le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine. Ces accords, fruits de près d’une année de négociations, redessinent en profondeur les termes du partenariat énergétique entre les deux pays.

Les discussions ont débuté le 11 juin 2025 en Chine, conduites par un comité institutionnel placé sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré. Après plusieurs mois de compromis, les deux parties ont abouti à des engagements jugés structurants pour l’économie nigérienne.

L’une des avancées les plus concrètes concerne la réduction du tarif de transport du pipeline d’exportation, ramené de 27 à 15 dollars par baril. Cette révision tarifaire devrait générer plus de 106 millions de dollars, soit environ 63,6 milliards FCFA, d’économies annuelles pour le Niger.

Jusqu’ici absent du capital de la West African Pipeline Company (WAPCO), l’État nigérien a obtenu un accord de principe portant sur une participation de 45 % dans cette société. Une avancée significative qui lui conférerait un droit de regard direct sur les opérations de transport du brut nigérien vers les marchés d’exportation.

Les nouveaux protocoles prévoient également le rapatriement au Niger des revenus issus des exportations de pétrole brut, une mesure destinée à renforcer les réserves nationales et à consolider le système financier du pays.

Promotion du contenu local

Sur le volet social et du contenu local, les accords fixent des objectifs ambitieux. Au sein de la China National Petroleum Corporation (CNPC), les nationaux occuperont 60 % des postes de management et 90 % de l’effectif global. À la WAPCO, ils représenteront 60 % des postes de direction et 80 % des postes d’exécution.

Pour la Société de raffinage de Zinder (SORAZ), l’objectif est d’atteindre 85 % d’opérationnalisation par du personnel nigérien. Au total, 452 nouveaux emplois devraient être créés d’ici 2030, auxquels s’ajoute une harmonisation des salaires entre employés expatriés et nationaux.

Les investissements convenus, estimés à un milliard de dollars, incluent la relance des projets pétroliers de Dinga Deep et d’Abolo-Yogou. Selon les projections officielles, la production nationale devrait ainsi passer de 110 000 à 145 000 barils par jour à l’horizon 2029, soit une hausse de plus de 30 %.

Au-delà du pétrole, une étude de faisabilité sur le potentiel gazier du Niger, évalué à 23 milliards de mètres cubes, sera lancée dans les six prochains mois. Elle explorera les possibilités de production d’électricité, d’engrais et de gaz domestique, ouvrant la voie à une diversification de la chaîne énergétique nationale.

Un partenariat à consolider

Le représentant chinois, Zhang Yu, a réaffirmé la volonté de son groupe de s’impliquer durablement dans la transition énergétique et le développement des capacités industrielles nigériennes.

Les autorités nigériennes, de leur côté, ont insisté sur la nécessité d’un mécanisme de suivi rigoureux afin de garantir la mise en œuvre effective des engagements pris. Ces accords interviennent dans un contexte de repositionnement diplomatique du Niger, qui entend tirer davantage de bénéfices de ses ressources naturelles tout en diversifiant les termes de ses partenariats stratégiques.

Par Léon Yougbaré

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