Industrie minière : La Guinée veut capter davantage de valeur ajoutée grâce à la transformation locale de l’or.

Le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a annoncé l’interdiction prochaine de l’exportation de l’or brut, avec l’obligation pour l’ensemble de la production nationale d’être transformée sur le territoire avant toute commercialisation à l’international.

Le pays entend ainsi mettre fin à un modèle jugé déséquilibré, dans lequel la valeur ajoutée générée par l’or guinéen bénéficie principalement à l’étranger, au détriment de l’économie nationale. Cette situation est considérée comme une limite structurelle à la captation des revenus et à la création d’emplois locaux.

Pour y remédier, une raffinerie nationale est annoncée comme l’un des piliers de cette nouvelle politique. L’infrastructure devra permettre de transformer l’or sur place, depuis la fonte jusqu’à la certification, avant son exportation vers les marchés internationaux. Elle constitue un maillon essentiel de la stratégie d’industrialisation du secteur minier.

Des sanctions sont prévues en cas de non-respect de cette mesure, allant de la suspension des agréments à la remise en cause des conventions minières, voire à des poursuites judiciaires.

Cette orientation s’inscrit dans le programme Simandou 2040, qui vise à transformer en profondeur la structure de l’économie guinéenne en favorisant la transformation locale des ressources naturelles et la montée en gamme dans la chaîne de valeur.

Tout en maintenant son ouverture aux investisseurs étrangers, les autorités privilégient désormais des partenariats alignés sur les priorités stratégiques nationales.

À terme, cette réforme devrait permettre d’accroître les recettes publiques, de stimuler l’industrialisation et de renforcer la part de valeur ajoutée captée par l’économie guinéenne.

Par Bernadette W. Gansonré.

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