Interview Exclusive : « Nous voulons avoir une banque forte. Le Capital de Vista Bank Burkina passera de 20 milliards à 65 milliards FCFA à l’issue du processus d’augmentation de capital », Simon TIEMTORE , Président de Vista Bank Group

Présent aux 32es Assemblées Annuelles d’Afreximbank à Abuja, Simon Tiemtoré, président de Vista Group Holding et de Lilium Capital Group, réaffirme ses ambitions panafricaines. Dans cet entretien exclusif, il évoque l’expansion du groupe, l’intégration de nouveaux métiers comme l’assurance et le leasing, le renforcement de la capitalisation au Burkina Faso, ainsi que sa vision d’une finance au service du développement et de l’inclusion sur le continent.

Horonya Finance (H.F) : Que représente pour vous votre présence à ces Assemblées Annuelles d’Afreximbank ?

Simon Tiemtoré (S.M) : Tout d’abord, Afreximbank est un partenaire du groupe bancaire Vista Bank et de Lilium Capital Group dans notre stratégie d’investissement en Afrique. Il était important pour nous que lorsque Afreximbank organise ses assemblées annuelles ou tout autre événement, d’être présent, de rencontrer nos partenaires et d’autres institutions financières africaines ainsi que les Chefs d’État, les ministres des Finances et les Gouverneurs des banques centrales pour échanger et voir comment nous pouvons encore renforcer notre collaboration pour le financement de nos économies. Il était important pour nous d’être présents, surtout que ces assemblées annuelles représentent la dernière pour le président Oramah qui est en fin de mandat.

H.F : Comment jugez-vous l’évolution de Afreximbank, notamment dans la mise en œuvre des actions de financement du commerce intra-africain et caribéen ?

S.M : Je pense qu’Afreximbank a fait énormément de progrès. Ils ont galvanisé en fait l’écosystème du financement du commerce intra-africain et le financement du commerce avec le reste du monde. C’est justement grâce à ce partenariat que nous avons pu créer des financements structurants d’envergure au Burkina Faso, en Guinée, en Gambie, en Sierra Leone et au Mozambique. Et c’est grâce au concours d’Afreximbank que ce catalyseur-là a pu se faire. Et voyez-vous, aujourd’hui le bilan d’Afreximbank a grossi énormément, comme l’a bien souligné le Président Oramah, de 6 milliards de dollars en 2015 à 65 milliards de dollars en 2025. C’est pour dire à quel point des moyens et ressources énormes ont été mis à la disposition des États africains et des entrepreneurs afin de soutenir le développement de nos économies. Et tout ça à travers des financements structurants.

H.F : Vous êtes à la tête de Vista Bank Group et de Lilium Capital Group. Pouvez-vous nous rappeler la vision commune qui guide ces deux entités dans leur développement panafricain ?

S.M : Lilium Capital Group , c’est un investisseur panafricain, qui a une stratégie d’investir des capitaux permanents dans tous les investissements que nous faisons. Nous sommes assez diversifiés. Lilium Capital Group est la maison mère de Vista Group, qui est la maison mère de la banque et qui détient tous nos actifs dans le secteur financier. Il y a un lien capitalistique, il y a un lien de support que nous apportons activement à Vista Group et à tout autre investissement dans lequel nous sommes impliqués au niveau de Lilium Capital Group pour lui donner les moyens, les ressources nécessaires de se déployer et de pouvoir implémenter la stratégie qui lui est allouée et approuvée par son conseil d’administration.

H.F : La vision de Vista est celle « d’une banque qui va au-delà ». Que recouvre cette promesse dans un contexte africain souvent confronté à des défis d’inclusion et de transformation ?

S.M : Nous sommes obligés d’accepter les challenges qui vont avec notre rôle en tant qu’institution financière. Nous nous sommes donné un mandat de développement et c’est au-delà de l’aspect commercial. C’est de pouvoir embrasser les défis qui se présentent dans nos pays, que nous voyons plutôt comme des opportunités. C’est à nous en tant que banque africaine de pouvoir prendre nos responsabilités et comme je l’ai plusieurs fois dit, de pouvoir accompagner nos entrepreneurs, surtout nos États dans l’implémentation de leurs plans nationaux de développement socio-économique. Nous encourageons nos États à accorder ces contrats aux privés locaux, que nous voulons accompagner afin de promouvoir les champions africains. Donc nous embrassons entièrement notre rôle et notre responsabilité en tant que banque catalyseur du développement économique et qui apporte des idées innovantes de financements structurés qui sont mises à la disposition des États et à la disposition des entreprises privées locales et des PME.

H.F : Vista Bank a considérablement élargi sa présence en Afrique. Quelles sont aujourd’hui vos priorités géographiques et vos marchés stratégiques ?

S.M : Les priorités de Vista Group, c’est de continuer son expansion en Afrique et de se bâtir en dehors de l’Afrique pour soutenir l’écosystème de nos banques en Afrique et d’autres banques africaines. Parce qu’il faut se doter de moyens et ressources pour pouvoir appuyer l’économie de nos pays. Nous avons besoin de moyens et de ressources au regard de la demande venant de l’État, du marché, du commerce, etc. Donc nous continuons de mobiliser des ressources pour pouvoir accompagner nos États et nous continuons de nous déployer stratégiquement en Afrique. On a toujours dit qu’on voulait être dans 25 pays dans les années à venir. Nous sommes inéluctablement sur cette trajectoire pour pouvoir en fait avoir une banque globale panafricaine avec des ressources et des moyens nécessaires, adéquats pour pouvoir soutenir nos économies.

H.F : Vous avez récemment évoqué que, où il y aura Vista Bank, il y aura l’assurance, la microfinance et le leasing. Comment vous articulez ces différents métiers pour créer un modèle intégré ?

S.T : Ces métiers sont complémentaires. Donc partout où il y aura une Vista Bank, il y aura une Vista Assurance, il y aura aussi un métier de leasing et il y aura un métier de microfinance. L’assurance et le leasing, particulièrement, nous permettent de pouvoir offrir d’autres services, d’autres instruments à nos clients. Et la microfinance, c’est un autre secteur qui permet de pouvoir appuyer les PME et les PMI. Tout service, tout financement bancaire que nous faisons à un pôle assurantiel qui va avec. Donc ça nous permet de pouvoir en fait capitaliser sur ce levier pour offrir des services attractifs et à coût acceptable pour nos clients, pour nos partenaires. Ça nous permet aussi de leur offrir des options de leasing et couvertes aussi par l’assurance à des taux assez compétitifs pour leur permettre de pouvoir implémenter leurs projets. Pour ceux ou celles qui ne veulent pas aller à la banque, parce que nous voulons faire la promotion de l’inclusion financière, nous pouvons les accompagner aussi dans le cadre de la microfinance. C’est ça notre objectif, être un catalyseur du développement économique en Afrique et de pouvoir offrir une panoplie de services à nos clients.

H.F :  Vous avez lancé un processus d’augmentation de capital de Vista Bank Burkina, pour porter son capital à 65 milliards FCFA, soit plus du triple des exigences réglementaires de la BCEAO, ce qui fera de Vista Bank Burkina, la première banque du pays en termes de capitalisation. Pourquoi un tel choix, et quelle ambition cela reflète-t-il ?

S.T : C’est parce que nous croyons au Burkina Faso. Il faut une banque forte et nous voulons avoir une banque forte. Nous passerons effectivement de 20 milliards à 65 milliards FCFA à l’issue de l’augmentation du capital de 45 milliards. Les actionnaires de Vista Bank ont fait confiance à la direction de Vista Bank Burkina, ont fait confiance à la direction générale du groupe dans sa stratégie de renforcement de sa position en tant que banque commerciale avec un mandat de développement, de pouvoir en fait continuer à accompagner le Burkina Faso dans son développement économique. C’est un point très important, c’est un signal très fort que nous lançons au marché et cela fera effectivement de Vista Bank la première banque en termes de capital au Burkina Faso.

H.F : Lilium Capital Group, la maison mère de Vista Group a renforcé ses équipes avec des profils d’expérience. Quelle orientation stratégique cela traduit-il ?

S.T : En fait, nous avons renforcé les équipes pour nous permettre de pouvoir répondre à nos demandes. Nous recrutons pour pouvoir nous doter de moyens et de ressources pour pouvoir superviser les différents actifs. Partout où nous sommes, on nous demande la présence de Lilium Capital Group, ses services, et les entreprises dans lesquelles nous nous sommes aussi investis demandent l’appui de Lilium Capital Group. Il était important pour nous de pouvoir renforcer l’équipe et nous continuerons de le faire selon nos besoins pour s’assurer que nous avons les hommes et les femmes adéquats au niveau de Lilium Capital Group pour supporter l’activité dans les différents domaines dans lesquels nous sommes investis en Afrique et ailleurs.

H.F : Lilium Capital Group est-il aujourd’hui prêt à prendre part à des projets industriels lourds sur le continent, notamment dans la transformation locale des ressources ?

S.T : Absolument, nous le faisons déjà. Au niveau de Lilium Capital Group, qui est capital-investisseur, et aussi au niveau de nos banques. Nous le faisons déjà et nous continuerons à déployer, à augmenter la mise à disposition de nos ressources à travers le continent.

H.F : Avec toutes ces actions et ambitions, quelle est votre vision à l’horizon 2030 pour Vista Bank Group et Lilium Capital ?

S.T : Pour Lilium Capital Group, c’est inéluctable. Nous continuerons à accroître notre champ d’actions et d’activités en Afrique, jusqu’en Afrique du Nord. Et pour Vista Bank, ce qu’on a dit, c’est d’être présent dans 25-26 pays dans les années à venir, pour être l’une des banques les mieux capitalisées sur la place du marché, se doter de moyens et de ressources nécessaires pour continuer à appuyer nos États. Et donc, intensifier notre collaboration avec nos partenaires stratégiques, tels qu’Afreximbank, la BOAD, la BAD, la Société Financière Internationale, la Banque Islamique de Développement et d’autres partenaires européens, pour continuer à appuyer nos États dans leur développement économique et appuyer le secteur privé dans l’implémentation de nos plans de développement économiques et sociaux.

Horonya Finance (H.F) : Quel message souhaitez-vous adresser aux investisseurs et aux partenaires de Vista Group Holding et Lilium Capital Group ?

Simon Tiemtoré (S.M) : Que Lilium Capital Group et Vista Bank Group connaissent les opportunités en Afrique. D’abord, nous leur remercions pour la confiance et nous voudrions les encourager à continuer à nous accompagner dans les projets que nous menons à travers soit Lilium Capital Group, soit à travers Vista Bank Group, pour que l’Afrique en sorte renforcée, en sorte gagnante, et une Afrique développée, ça ne fait que du bien au reste du monde.

Interview réalisée à Abuja par Drissa Ouattara

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