Deux ans seulement après sa création, la Société nationale des substances précieuses (SONASP) confirme et amplifie la trajectoire remarquable amorcée lors de son premier exercice. Les résultats de l’année 2025, présentés à l’Assemblée générale des sociétés d’État, font état d’une progression spectaculaire de l’ensemble des indicateurs financiers. Fait marquant de l’exercice : avec un chiffre d’affaires de 3 281,1 milliards FCFA, la SONASP détrône la Société nationale burkinabè des hydrocarbures (SONABHY), qui dominait de longue date ce classement parmi les sociétés d’État.
Créée le 24 octobre 2023 à la suite de la transformation de l’ex-Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées (ANEEMAS), établissement public à caractère commercial, la SONASP a pour mission stratégique de valoriser les substances précieuses du Burkina Faso à travers leur commercialisation, leur transformation, leur traitement et leur exploitation. La société dispose d’un capital social de 250 millions FCFA.
Au terme de l’exercice 2024, la SONASP avait déjà fait une entrée remarquée dans le Top 5 des entreprises publiques les plus rentables, avec un bénéfice de 4,14 milliards FCFA, un taux de rentabilité financière de 94,31 % et un chiffre d’affaires de 960,38 milliards FCFA.
L’exercice 2025 confirme cette dynamique et la porte à un niveau supérieur. Sous la direction de Sougrinoma Basile Zongo, à la tête de la société depuis sa nomination le 25 octobre 2023, le chiffre d’affaires atteint 3 281,1 milliards FCFA, contre 960,38 milliards FCFA en 2024, soit une progression de 241,64 % en un an, représentant un gain de 2 320,72 milliards FCFA.
Le résultat net s’établit à 5,88 milliards FCFA, contre 4,14 milliards FCFA l’année précédente, soit une hausse de 1,74 milliard de FCFA. La valeur ajoutée progresse de 37,43 %, passant de 6,34 milliards à 8,72 milliards FCFA, tandis que le résultat d’exploitation s’élève à 7,81 milliards FCFA, contre 5,61 milliards FCFA en 2024.
L’autonomie financière progresse nettement, passant de 19,18 % à 35,97 %, traduisant un renforcement de la solidité financière de l’entreprise.
Du côté des charges, les charges de personnel s’établissent à 740,62 millions FCFA, contre 680,64 millions FCFA en 2024, pour un effectif de 61 travailleurs, contre 62 l’année précédente. La masse salariale, quant à elle, diminue légèrement pour s’établir à 575,61 millions FCFA, contre 613,98 millions FCFA en 2024.
Un bilan renforcé et une trésorerie assainie
Les capitaux propres atteignent 8,01 milliards FCFA, contre 4,36 milliards FCFA en 2024, soit une progression de 3,65 milliards FCFA. Cette amélioration est consécutive à l’incorporation du résultat net bénéficiaire de l’exercice.
L’actif circulant enregistre une baisse marquée, passant de 21,42 milliards à 4,15 milliards FCFA, soit un recul de 80,61 %. La société explique cette évolution par les efforts de recouvrement des créances engagés au cours de l’exercice.
Cet assainissement s’est traduit par une hausse de la trésorerie nette de 16,363 milliards FCFA entre 2024 et 2025. Le total du bilan reste, quant à lui, globalement stable, à 22,26 milliards FCFA contre 22,96 milliards FCFA en 2024.
Sur le plan des créances et des dettes, le total des créances recule fortement, passant de 21,42 milliards à 3,25 milliards FCFA. Dans le même temps, les dettes, principalement fournisseurs et fiscales, diminuent, passant de 18,56 milliards à 14,1 milliards FCFA.
Une affectation du résultat favorable à l’État
L’Assemblée générale des sociétés d’État et des établissements publics de prévoyance sociale, tenue du 26 au 27 juin 2026, a approuvé les résultats de l’exercice et décidé de l’affectation du résultat net de 5,88 milliards FCFA comme suit : une contribution spéciale de 117,7 millions FCFA (2 %) et une réserve légale de 588,4 millions FCFA (10 %).
La masse à répartir s’élève ainsi à 5,18 milliards FCFA, dont 60 %, soit 3,11 milliards FCFA, seront versés à l’État sous forme de dividendes. Les réserves spéciales s’établissent à 1,45 milliard FCFA, les réserves d’investissement à 414,23 millions FCFA et les réserves facultatives à 207,12 millions FCFA.
Au titre des prises de participation réalisées en 2025, la SONASP a acquis 40 % du capital social de GOLDEN HAND, pour un montant de 4 millions FCFA, ainsi que 49 % de celui de RAFFINOR Burkina Faso, pour 4,9 millions FCFA. Les honoraires du commissaire aux comptes se sont élevés à 3,13 millions FCFA au titre de l’exercice 2025.
Une contribution budgétaire multipliée par dix
La contribution de la SONASP aux recettes budgétaires de l’État s’est établie à 7,2 milliards FCFA en 2025, contre 686,83 millions FCFA en 2024, portée principalement par les dividendes et les royalties versés à l’État.
En matière de responsabilité sociétale, les actions citoyennes de l’entreprise ont représenté 83,4 millions FCFA, contre 22,1 millions FCFA en 2024. Sur ce montant, 82,9 millions FCFA ont été versés au Fonds de soutien patriotique, conformément à la répartition du résultat de l’exercice 2024.
Avec un chiffre d’affaires supérieur à 3 281 milliards FCFA dès son deuxième exercice, la SONASP s’impose désormais comme la première société d’État en termes de revenus au Burkina Faso. Cette performance témoigne de la montée en puissance de l’entreprise dans la valorisation des substances précieuses et renforce son rôle stratégique dans la mobilisation des ressources publiques et la création de valeur pour l’économie nationale.
Par Léon Yougbaré


