La trêve entre Washington et Téhéran fait chuter les prix du baril de pétrole sous 100 dollars

Les marchés pétroliers ont brutalement inversé leur trajectoire ce mercredi 08 avril 2026, emportés par un signal d’apaisement inattendu entre Washington et Téhéran. Après plusieurs jours de tensions extrêmes autour du détroit d’Ormuz, les prix du brut ont décroché à la suite de l’annonce par Donald Trump d’une suspension temporaire des attaques contre l’Iran.

Dans les échanges matinaux aux États-Unis, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a plongé de près de 15 %, à 96,32 dollars. Le Brent de la mer du Nord, étalon international, a reculé de plus de 13 %, à 94,88 dollars le baril. Une correction d’une telle ampleur pourrait marquer pour le WTI sa pire séance depuis avril 2020, en pleine crise sanitaire mondiale.

À l’origine de cette détente, une initiative diplomatique de dernière minute. Donald Trump a accepté un cessez-le-feu de deux semaines, conditionné à une garantie de passage sûr pour les navires à travers le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures. Selon le président américain, Téhéran aurait soumis une proposition en dix points jugée suffisamment solide pour servir de base à des négociations.

« Presque tous les points de discorde passés ont été acceptés », a-t-il affirmé, laissant entrevoir la possibilité d’un accord imminent si la trêve est respectée.

Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Seyed Abbas Araghchi a confirmé une ouverture conditionnelle. Téhéran s’engage à permettre un transit sécurisé dans le détroit, en coordination avec ses forces armées et sous réserve de contraintes techniques. En contrepartie, l’Iran exige l’arrêt total des frappes contre son territoire, faute de quoi ses opérations militaires défensives se poursuivront.

Cette désescalade intervient dans un climat qui frôlait l’embrasement. Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait fixé un ultimatum à Téhéran, menaçant de détruire des infrastructures stratégiques iraniennes en cas de non-respect. La rhétorique s’était même durcie jusqu’à évoquer la disparition de la civilisation iranienne, illustrant le niveau de tension atteint sur le plan géopolitique.

Selon la Maison Blanche, cette inflexion diplomatique doit beaucoup à l’intervention du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, qui a plaidé pour un report de l’ultimatum afin de laisser une chance aux discussions. Islamabad aurait également encouragé Téhéran à rouvrir le détroit comme geste de bonne volonté.

Au cœur de la crise, le détroit d’Ormuz concentre des enjeux stratégiques majeurs. Avant l’escalade militaire déclenchée fin février, près de 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole transitait par cette étroite voie maritime reliant les producteurs du Golfe aux marchés internationaux. Les attaques récentes contre des navires commerciaux ont fortement perturbé ce flux, provoquant l’une des plus graves secousses de l’histoire des approvisionnements en brut.

Par Drissa Ouattara

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