L’Afrique accélère sur la finance durable avec 13 milliards $ levés en 2024, mais S&P alerte sur le sous-financement des secteurs clés du climat

Le marché africain de la finance durable a poursuivi sa transformation en 2024, porté par l’essor des instruments verts qui s’imposent désormais comme un pilier majeur de la dette du continent. D’après le dernier rapport de Standard & Poor’s (S&P), intitulé « La finance durable croît en Afrique, mais les volumes ne répondent pas aux besoins », les émetteurs africains ont réussi à mobiliser près de 13 milliards de dollars de dette qualifiée l’an dernier. Une dynamique notable, d’autant que près de 40 % de ces montants proviennent d’obligations et de prêts spécifiquement orientés vers des projets générant des bénéfices environnementaux mesurables.

Pour S&P, cet engouement croissant s’explique par l’intérêt simultané des gouvernements, des entreprises et des institutions de développement, qui y voient un moyen d’accéder à des capitaux moins coûteux tout en renforçant leurs engagements climatiques. L’agence souligne que ces instruments verts, dont les émetteurs s’engagent à allouer le produit net à des projets environnementaux avérés, jouent un rôle structurant dans l’écosystème financier africain. Les instruments liés à la durabilité, historiquement dominants dans le segment des prêts, demeurent d’ailleurs essentiels, en particulier pour les secteurs difficiles à décarboner comme l’industrie lourde, l’exploitation minière ou la logistique. S&P estime que les États africains peuvent également s’appuyer sur ces instruments pour formaliser et consolider leurs engagements souverains en matière de durabilité auprès de leurs partenaires internationaux.

Si le rapport met en lumière le dynamisme des obligations vertes, sociales et durables (GSS), il pointe aussi les limites actuelles de l’allocation des financements climatiques. La majorité des projets financés concerne les énergies renouvelables, un levier indispensable pour réduire l’écart d’accès à l’électricité et assurer la transition énergétique du continent.

Toutefois, S&P alerte sur le retard persistant d’autres secteurs tout aussi critiques. L’adaptation au changement climatique, la sécurité hydrique ou encore la préservation de la biodiversité demeurent insuffisamment financées, alors qu’elles représentent des enjeux majeurs pour la résilience africaine. Le rapport appelle ainsi à des stratégies de financement plus diversifiées pour éviter que certaines priorités vitales ne restent en marge de la transition en cours.

Par Drissa Ouattara

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