Le Burkina Faso contribue pour la première fois au Fonds africain de développement avec 100 millions FCFA

Le Burkina Faso marque son adhésion à une vision plus souveraine du financement du développement en annonçant une contribution de 100 millions de FCFA à la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17), le mécanisme concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Au-delà de sa portée financière, cette participation traduit la volonté des autorités burkinabè de soutenir les instruments africains appelés à financer les priorités du continent.

Cette initiative intervient dans un contexte où les économies africaines recherchent des solutions durables pour financer leurs infrastructures, stimuler la croissance et renforcer leur résilience face aux chocs économiques. En participant au FAD-17, Ouagadougou s’inscrit dans la dynamique de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), qui encourage une mobilisation accrue des ressources africaines au service des ambitions du continent.

Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, cette contribution illustre la responsabilité des États africains dans la transformation économique du continent « La contribution du Burkina Faso au FAD-17 reflète notre conviction que l’Afrique doit prendre son destin en main et participer activement au financement de sa propre transformation », a-t-il déclaré.

Le partenariat entre le Burkina Faso et le Fonds africain de développement s’est construit sur plusieurs décennies. Depuis le début des années 1970, l’institution a accompagné plus de 120 projets dans le pays pour un volume d’engagements dépassant 2,4 milliards de dollars. Ces financements ont soutenu des secteurs clés comme les infrastructures routières, l’agriculture, l’énergie, l’accès à l’eau, l’assainissement ainsi que les programmes sociaux.

Dans le domaine agricole, l’appui du Fonds a notamment permis d’accélérer la production vivrière à travers un programme d’urgence mis en œuvre après les perturbations provoquées par les crises récentes. Des centaines de milliers de producteurs ont bénéficié de semences améliorées et d’intrants agricoles, favorisant une nette progression des rendements des principales cultures céréalières et une augmentation de la production nationale de plus d’un million de tonnes.

Les investissements du Fonds ont également contribué à améliorer les infrastructures de transport. La modernisation du corridor reliant Lomé à Ouagadougou, réalisée en partenariat avec le Togo, a facilité les échanges commerciaux, réduit les contraintes logistiques et amélioré la circulation des personnes et des marchandises. Ce projet a aussi favorisé le développement d’infrastructures communautaires et de routes rurales, renforçant ainsi la connectivité des zones de production.

Pour les autorités burkinabè, ces résultats démontrent l’importance des mécanismes africains de financement pour accompagner les politiques de développement. En décidant de contribuer au FAD-17, le Burkina Faso entend désormais jouer un double rôle : continuer à bénéficier des ressources concessionnelles tout en participant à leur renforcement.

Par Amhed Coulibaly

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