Au Ghana, la stratégie de transformation numérique prend une nouvelle dimension avec l’entrée en scène du géant chinois des télécommunications Huawei Technologies. À l’occasion du Mobile World Congress 2026 organisé à Barcelone, les autorités ghanéennes ont obtenu l’engagement de l’entreprise à former 3 000 jeunes filles aux compétences liées à l’intelligence artificielle, une initiative qui s’inscrit dans l’ambition du pays d’élargir rapidement son vivier de talents dans l’économie numérique.
Dans le cadre de ce partenariat, Huawei assurera gratuitement la formation des participantes au programme gouvernemental Girls in ICT, une initiative destinée à accroître la présence des femmes dans les métiers du numérique. Selon le ministre ghanéen, l’arrivée de Huawei permettra d’introduire un module accéléré en intelligence artificielle au sein du programme existant, afin de préparer les participantes à des formations plus avancées dans les métiers technologiques.
« Avec l’arrivée de Huawei, nous allons avoir un programme accéléré en IA », a déclaré Samuel Nartey George, précisant que les jeunes filles ayant terminé ce module pourront poursuivre leur parcours dans le programme national One Million Coders, conçu pour former massivement les talents numériques du pays.
Depuis son lancement en 2012, l’initiative Girls in ICT a déjà formé près de 18 000 jeunes filles et environ 1 800 enseignants. Le programme, basé sur un modèle de formation résidentielle de deux semaines, propose actuellement des modules en codage, animation, développement web, cybersécurité et informatique de base. L’introduction d’un module dédié à l’intelligence artificielle constitue l’une des évolutions les plus importantes du dispositif depuis sa création.
Au-delà de la formation, les discussions entre Accra et Huawei ont également porté sur plusieurs projets structurants dans le domaine technologique. Parmi eux figure la création d’un centre de calcul dédié à l’intelligence artificielle estimé à 250 millions de dollars ainsi que le déploiement futur d’infrastructures 5G et l’extension de la téléphonie dans les zones rurales.
Selon le ministre ghanéen des Communications, Huawei a manifesté un intérêt marqué pour ces projets. Toutefois, le gouvernement ghanéen attend de ses partenaires technologiques des engagements sociaux significatifs en contrepartie de l’accès à un marché numérique en forte croissance.
Les discussions ont également évoqué la possibilité d’implanter au Ghana une usine d’assemblage de smartphones destinée à produire des appareils abordables pour le marché national et, plus largement, pour l’Afrique de l’Ouest. Une telle initiative pourrait contribuer à réduire le coût d’accès aux équipements numériques, un enjeu central pour l’inclusion digitale.
Samuel Nartey George estime que la stabilité politique du Ghana, sa position stratégique dans la sous-région et un environnement jugé favorable aux investisseurs renforcent ses chances de devenir un pôle manufacturier pour l’industrie technologique.
Aujourd’hui, bien que la couverture du réseau 4G dépasse 90 % de la population, l’utilisation effective des services reste inférieure à 60 %. Une grande partie des citoyens continue d’utiliser des téléphones basiques incapables de se connecter aux réseaux mobiles à haut débit. Pour les autorités, la fabrication locale de smartphones à prix accessible, combinée à l’extension des programmes de formation numérique, constitue l’une des clés pour accélérer l’inclusion numérique dans le pays.
Par Amhed Coulibaly


