Le Nigeria signe un accord de production d’acier d’un milliard de dollars avec la société indienne Rashmi Metaliks Group

Le Nigeria tente de relancer une industrie sidérurgique longtemps restée en retrait malgré un potentiel considérable. Abuja vient de sceller un accord d’un milliard de dollars avec le groupe indien Rashmi Metaliks Group, avec l’ambition de stimuler la production locale d’acier et d’attirer des investissements structurants dans toute la chaîne de valeur.

L’information, donnée par le ministère du Développement de l’Acier, s’inscrit dans une stratégie qui vise à réduire la dépendance chronique du pays aux importations et à renforcer sa base industrielle. Le protocole d’accord a été signé par le ministre Shuaibu Abubakar Audu, à l’issue d’une visite officielle marquée notamment par l’inspection des installations industrielles du groupe. Le responsable nigérian a mis en avant la technologie avancée et le modèle intégré de production du sidérurgiste indien, qu’il considère comme une référence à reproduire au Nigeria.

D’une durée de trois ans, le partenariat couvrira des investissements dans la production, la transformation ainsi que les infrastructures liées à l’acier. Au-delà de l’effet d’annonce, les autorités nigérianes espèrent en faire un levier de transformation industrielle, avec à la clé la création d’emplois, le transfert de technologies et un repositionnement du pays sur le marché mondial de l’acier.

Le défi reste pourtant de taille. Le Nigeria dispose de plus de trois milliards de tonnes de réserves de minerai de fer, dont une part importante de haute qualité, mais continue de dépendre massivement des importations pour satisfaire une demande estimée à près de 10 milliards de dollars par an. Cette contradiction montre les limites structurelles du secteur, longtemps freiné par des déficits d’infrastructures, des politiques industrielles inabouties et l’échec de projets emblématiques comme la relance de la Ajaokuta Steel Company.

L’accord avec Rashmi Metaliks s’inscrit ainsi dans l’agenda économique du président Bola Ahmed Tinubu, qui mise sur l’investissement direct étranger pour accélérer l’industrialisation du pays. Mais au-delà des investissements, Abuja cherche aussi à structurer la demande locale et à sécuriser ses approvisionnements en intrants.

Dans cette logique, deux politiques automobiles doivent entrer en vigueur en 2026. La première, axée sur la gestion de fin de vie des véhicules, vise à développer le recyclage et à générer un flux régulier de ferraille, essentielle à la production d’acier. La seconde, portée par l’Organisation de normalisation du Nigeria (SON) et le Conseil national de développement automobile (NADDC), prévoit un durcissement des normes sur les véhicules importés, afin de favoriser la production locale de composants.

L’objectif est d’articuler recyclage, régulation des importations et industrialisation pour renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur. Une approche jugée nécessaire dans un contexte marqué par la flambée des prix de l’acier. Selon des données relayées en 2025, certaines catégories de tiges ont vu leurs prix bondir de plus de 200 % en deux ans, sous l’effet combiné de la dépréciation du naira et de la dépendance aux importations.

Par Drissa Ouattara

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