Les métaux précieux s’envolent et les marchés retiennent leur souffle. Ce lundi 19 janvier 2026, l’or et l’argent ont atteint des niveaux records, sur fond de tensions géopolitiques et commerciales entre Washington et plusieurs capitales européennes, déclenchées par la pression croissante du président Donald Trump pour acquérir le Groenland.
Sur le marché au comptant, l’or s’échangeait autour de 4 670 dollars l’once, dans un mouvement classique de repli vers les valeurs refuges, alors que la rhétorique américaine a pesé sur le dollar et ravivé l’aversion au risque. Après avoir franchi 4 630 dollars la semaine précédente, le métal jaune poursuit ainsi une progression qui s’inscrit dans la continuité de la forte hausse observée en 2025.
Au cœur de la nervosité, l’annonce par l’administration Trump d’un durcissement tarifaire visant huit pays européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, opposés à l’idée d’une acquisition du Groenland par les États-Unis. Washington prévoit des droits de douane de 10% à compter du 1er février, puis une montée à 25% en juin. Une escalade qui réveille le spectre d’une guerre commerciale transatlantique, aux conséquences potentiellement lourdes pour l’économie mondiale.
Face à la menace, les dirigeants européens doivent tenir une réunion d’urgence dans les prochains jours. Selon des informations relayées, l’Union européenne envisagerait déjà des mesures de représailles visant jusqu’à 93 milliards d’euros de produits américains.
Dans ce bras de fer, Paris pourrait pousser Bruxelles à dégainer l’une de ses armes les plus sensibles : l’instrument anti-coercition (ACI), présenté comme le dispositif le plus puissant dont dispose l’UE contre les pressions commerciales. Cet outil, entré en vigueur fin 2023, permet au bloc d’activer une palette de réponses allant des restrictions commerciales aux limitations d’accès au marché européen, afin de contrer ce que l’Union considère comme des pratiques de coercition économique.
Au-delà des annonces de tarifs, la flambée des métaux précieux est aussi alimentée par un climat d’incertitude plus large. Les attaques répétées de Donald Trump contre la Réserve fédérale ont ravivé les inquiétudes sur l’indépendance de la banque centrale américaine, nourrissant un « commerce de dévaluation » : des investisseurs se détournent des monnaies et des obligations d’État, inquiets de la trajectoire de la dette et des tensions politiques.
Autre facteur de soutien : la rotation vers les métaux, portée notamment par des investisseurs chinois, qui a donné un nouvel élan à l’or et à l’argent. Un signal concret se lit dans la dynamique des ETF : les réserves en or des fonds négociés en bourse ont augmenté de 28 tonnes (+0,9%) sur la dernière semaine, affichant la plus forte hausse depuis septembre, avec des encours en progression sur sept des huit dernières semaines.
Par Drissa Ouattara


