Les compagnies africaines réaliseront 112,82 milliards FCFA de bénéfice net en 2026, selon l’IATA

Les compagnies aériennes africaines devraient maintenir en 2026 un bénéfice net de 0,2 milliard de dollars, soit 112,82 milliards FCFA, selon les perspectives financières dévoilées mardi par l’Association internationale du transport aérien (IATA). Cette performance modeste interviendrait malgré une croissance de 6 % du trafic passagers sur le continent, preuve d’un rebond dynamique, mais encore insuffisant pour dégager de véritables marges.

L’IATA souligne en effet que les transporteurs africains continueront d’évoluer dans un environnement économique difficile, avec une marge nette attendue de -1 % et un revenu par passager estimé à seulement 1,30 dollar. Le secteur souffre d’un handicap structurel majeur : les coûts unitaires les plus élevés au monde. Le coût moyen par tonne-kilomètre disponible avoisine 140 cents américains, soit près du double de la moyenne mondiale, un niveau qui pèse lourdement sur la rentabilité.

La capacité devrait progresser de 5,7 % en 2026, tirée par une légère hausse des sièges-kilomètres offerts, mais la croissance restera prudente. Les compagnies doivent composer avec des charges d’exploitation élevées, des flottes vieillissantes, une fragmentation des marchés et un cadre réglementaire souvent contraignant. La faiblesse du PIB par habitant sur une grande partie du continent rend par ailleurs la demande extrêmement sensible aux prix. Les restrictions de visa, les taxes élevées imposées aux passagers et un taux moyen d’imposition des sociétés de 28 % complètent un tableau déjà peu favorable.

À l’échelle mondiale, l’IATA anticipe une stabilisation du secteur avec un bénéfice net global projeté à 41 milliards de dollars en 2026, soit une marge nette de 3,9 %, pour un total de 5,2 milliards de passagers. Une performance obtenue malgré les pressions budgétaires, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et un environnement réglementaire toujours plus exigeant. Les compagnies les mieux positionnées tirent parti de facteurs de charge élevés, de la montée des revenus accessoires et de la résilience du fret aérien, autant de leviers dont les transporteurs africains pourraient s’inspirer.

Les projections régionales offrent un contraste saisissant. Les compagnies du Moyen-Orient devraient dominer la rentabilité mondiale avec 6,8 milliards de dollars de bénéfices en 2026, portés par la force de leurs hubs et un cadre réglementaire favorable. En Europe, les bénéfices devraient atteindre 14 milliards de dollars grâce à un contrôle strict des capacités et à l’essor des low-cost, même si les tensions sociales et les nouveaux impératifs liés au carburant durable compliquent la trajectoire. En Asie-Pacifique, la demande progresserait de 7,3 %, stimulée par la Chine et l’Inde, avec des taux de remplissage record malgré des pressions sur les rendements. L’Amérique latine devrait retrouver des bénéfices de 2 milliards de dollars, mais restera vulnérable aux fluctuations de change. L’Amérique du Nord, enfin, dégagerait 11,3 milliards de dollars, freinée toutefois par une croissance de la demande limitée à 1,5 %, conséquence notamment du manque de pilotes et de contraintes de capacité.

Par Drissa Ouattara

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet