Les cours du pétrole ont replongé mardi à des niveaux plus bas depuis plus de quatre ans, sous l’effet conjugué de craintes persistantes d’un excès d’offre sur le marché mondial et d’un regain d’optimisme autour d’un possible règlement du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Cette double dynamique a ravivé les anticipations d’un assouplissement des sanctions visant Moscou, susceptible de remettre davantage de barils russes sur le marché international.
Dans ce contexte, le Brent, référence du marché international, a cédé 2,86 % pour s’établir à 58,83 dollars le baril. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a, pour sa part, reculé de 2,88 % à 55,04 dollars le baril, entraînant les prix du pétrole sous le seuil symbolique des 60 dollars pour la première fois depuis février 2021. Selon Reuters, cette correction traduit l’inquiétude croissante des investisseurs face à un déséquilibre durable entre l’offre et la demande, dans un environnement géopolitique potentiellement en mutation.
Les perspectives à moyen terme restent marquées par cette anticipation d’abondance. Les analystes de Barclays estiment ainsi que le Brent pourrait s’établir en moyenne autour de 65 dollars le baril en 2026, un niveau qu’ils jugent « légèrement en avance sur la courbe prospective », compte tenu d’un excédent attendu de 1,9 million de barils par jour, déjà intégré selon eux dans les prix actuels.
Cette chute des cours intervient alors que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) continue d’afficher une certaine discipline en matière d’offre. Le cartel a notamment décidé, le 30 novembre, de maintenir le quota de production de pétrole brut du Nigeria à 1,5 million de barils par jour jusqu’en décembre 2026. Par ailleurs, huit pays participants l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman ont convenu de suspendre les augmentations de production prévues en janvier, février et mars 2026, invoquant les effets saisonniers sur la demande.
Par Drissa Ouattara


