Les startups africaines lèvent 177 millions de dollars en janvier 2026 à travers 28 transactions

En ce début d’année 2026, l’écosystème des startups africaines marque nettement le pas. Après un mois de décembre particulièrement dynamique, le financement s’est contracté en janvier, confirmant une tendance à la prudence des investisseurs, désormais concentrés sur un nombre restreint d’entreprises jugées solides et matures.

Selon les données officielles, 28 startups africaines ont levé au total 177,10 millions de dollars en janvier 2026, contre 349,1 millions de dollars mobilisés lors de 75 transactions en décembre 2025. La baisse est tout aussi visible en glissement annuel : en janvier 2025, 54 opérations avaient permis de réunir 292,65 millions de dollars. En un mois, le financement total a ainsi chuté de 49,27 %, tandis que le nombre de transactions s’est effondré de 62,67 %, passant de 75 à seulement 28.

Derrière cette contraction globale se cache une réalité plus structurelle : la concentration du capital. Les dix principales opérations du mois ont capté à elles seules 163,8 millions de dollars, soit 92,49 % de l’ensemble des fonds levés. Un niveau quasi identique à celui de décembre, où les dix premières startups avaient absorbé plus de 92 % des montants engagés. Les investisseurs continuent donc de privilégier les entreprises ayant déjà démontré des performances tangibles et une avance concurrentielle claire.

Certaines opérations majeures ont toutefois été exclues du calcul des levées de fonds. C’est le cas de Mono, rachetée entièrement en actions par Flutterwave pour un montant estimé entre 25 et 40 millions de dollars. Cette transaction relève des fusions-acquisitions et non d’un financement en capital.

Dans le détail des opérations, la diversité sectorielle reste réelle, même si la fintech domine largement. Au Nigeria, Tuteria, plateforme de tutorat basée à Lagos, a levé 2,6 millions de dollars auprès d’Enza Capital et Chui Ventures, dans un contexte où le capital-risque nigérian évolue à des niveaux historiquement bas. Toujours au Nigeria, OneDosh, positionnée sur les paiements transfrontaliers via stablecoins, a obtenu 3 millions de dollars en pré-amorçage pour étendre ses corridors et renforcer son réseau de liquidités.

En Afrique de l’Est, la fintech kényane MyCredit a sécurisé 3 millions de dollars de dette senior auprès d’un prêteur international de microfinance, portant à environ 13,6 millions de dollars ses financements par dette cumulés. Au Kenya également, Sanivation a mobilisé 3,3 millions de dollars auprès d’InfraCo Africa pour développer son usine de valorisation des déchets à Naivasha, spécialisée dans la production de briquettes de combustible à partir de déchets traités.

Les opérations de croissance externe ont aussi marqué le mois. La société ghanéenne Savannah, spécialisée dans les talents logiciels, a été rachetée pour 3 millions de dollars par l’israélien Commit. De son côté, l’énergéticien panafricain Izili a acquis le fournisseur solaire hors réseau Qotto afin d’étendre l’accès à l’énergie en Afrique de l’Ouest. Izili a en parallèle signé un accord de financement de 5 millions de dollars sous forme d’obligations convertibles avec l’Off-Grid Energy Access Fund.

Parmi les levées significatives, la fintech Cauridor a bouclé un tour de série A de 9,5 millions de dollars soutenu par LoftyInc. Terra Industries a levé 11,75 millions de dollars auprès d’investisseurs américains, dont 8VC, pour renforcer ses capacités industrielles dans la défense. Au Maroc, la proptech Yakeey a conclu un tour de série A de 15 millions de dollars, présenté comme le plus important du genre dans le pays, avec notamment la participation d’Enza Capital et de l’IFC.

En Afrique du Nord, NowPay, fintech égyptienne spécialisée dans la paie, a conclu une coentreprise en Arabie saoudite avec Tas’heel, qui investit 20 millions de dollars et détient 75 % de la nouvelle entité. Toujours en Égypte, Valu a signé une facilité de financement pouvant atteindre 3 milliards de livres égyptiennes, soit 63,6 millions de dollars, avec la Banque nationale d’Égypte. Au Nigeria, Metro Africa Xpress (MAX) a levé 24 millions de dollars, répartis équitablement entre fonds propres et dette, pour accélérer sa transition vers la mobilité électrique en Afrique de l’Ouest et centrale.

Sur le plan régional, l’Afrique du Nord s’impose comme le principal pôle de financement avec 103,8 millions de dollars, soit près de 58,61 % du total levé en janvier, grâce à la vigueur de l’Égypte et du Maroc. L’Afrique de l’Ouest suit avec 59,3 millions de dollars, tirée principalement par le Nigeria. L’Afrique de l’Est totalise 11,5 millions de dollars, tandis qu’aucun financement divulgué n’a été enregistré en Afrique australe. Les opérations panafricaines ont représenté 2,5 millions de dollars.

Au niveau national, l’Égypte et le Nigeria concentrent à eux seuls près de 78 % des capitaux levés. L’Égypte arrive en tête avec 85,7 millions de dollars, suivie du Nigeria avec 45,9 millions. Le Maroc, la Guinée, le Kenya, Madagascar, le Ghana et l’Éthiopie complètent le tableau, mais avec des montants nettement inférieurs, illustrant l’écart croissant entre marchés établis et écosystèmes émergents.

Sectoriellement, la fintech confirme son hégémonie en captant 101,6 millions de dollars, soit 57,37 % des financements du mois. La logistique et le transport suivent avec 27,1 millions de dollars, devant l’immobilier, la deeptech, l’énergie et l’eau, la santé et la gestion des déchets.

Par Drissa Ouattara

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