Local Content dans le secteur pétrole – gaz au Nigeria : 13 banques s’allient à Renaissance Africa Energy autour d’un financement de 4,1 milliards dollars

Renaissance Africa Energy, la société qui exploite les actifs de l’ancienne filiale nigériane onshore de Shell, a mis en place un portefeuille de financement de 4,1 milliards de dollars avec 13 banques afin de faciliter l’accès des entrepreneurs locaux aux financements nécessaires à l’exécution de projets pétroliers et gaziers. Cette initiative vise à lever les contraintes de trésorerie auxquelles sont confrontées les entreprises de services, notamment pour l’acquisition d’équipements et la mobilisation des ressources avant le paiement de leurs prestations.

Les institutions financières participantes ont signé un protocole d’accord à Lagos le 14 octobre 2026. Le lendemain, Renaissance Africa Energy a annoncé le lancement de son nouveau programme, dénommé « Vendors Financing Scheme ». Le dispositif repose sur un portefeuille de financement libellé en dollars, qui vient compléter une facilité distincte en monnaie locale.

Le montant de 4,1 milliards de dollars correspond à une capacité de financement souscrite et ne signifie pas que la totalité des fonds a déjà été prêtée aux entreprises. Parmi les banques participantes figurent Afreximbank, Standard Chartered, Stanbic IBTC, Access Bank, United Bank for Africa (UBA), Zenith Bank et First Bank. Selon Renaissance Africa Energy, ce mécanisme doit soutenir les entrepreneurs intervenant dans ses opérations pétrolières et gazières.

D’après l’annonce de l’entreprise, le programme s’inscrit dans la continuité d’une initiative de financement des entrepreneurs mise en place en 2010, à l’époque où les actifs étaient encore exploités par Shell. Il vise à faciliter l’exécution des contrats en permettant aux prestataires de disposer des ressources financières nécessaires dès le démarrage des travaux.

Selon Wole Ogunsanya, président de l’Association de technologie pétrolière du Nigeria, les entrepreneurs disposant de projets confirmés pourraient bénéficier de prêts sans garanties conventionnelles, sous réserve de la vérification de leurs contrats par Renaissance. L’octroi de ces financements resterait toutefois soumis aux procédures d’approbation et aux conditions fixées par les banques participantes.

Ce mécanisme pourrait permettre aux entreprises locales d’acquérir du matériel, de mobiliser leurs équipes et de démarrer les travaux sans dépendre exclusivement de leurs fonds propres. Pour les prestataires du secteur pétrolier, confrontés à des besoins de trésorerie importants avant le règlement de leurs factures, l’accès à ces ressources pourrait faciliter la réalisation des projets et renforcer leur capacité à répondre aux exigences des opérateurs.

Cette initiative intervient dans un contexte de changement de propriété des actifs exploités par Renaissance Africa Energy. Shell a finalisé, le 13 mars 2025, la cession de sa filiale nigériane onshore, transférant à Renaissance le contrôle de cette entité ainsi que sa participation de 30 % dans la coentreprise concernée. Le consortium acquéreur regroupe notamment les sociétés nigérianes Aradel, ND Western, FIRST E&P et Waltersmith, ainsi que la société énergétique internationale Petrolin.

Le portefeuille de financement annoncé constitue ainsi un levier potentiel pour soutenir les entreprises intervenant sur ces actifs et accompagner le développement des activités pétrolières et gazières. Son efficacité dépendra néanmoins de la capacité des entrepreneurs éligibles à obtenir effectivement les prêts, des conditions de financement proposées et de la rapidité des décaissements.

Par Drissa Ouattara

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