Mali : la production industrielle d’or bondit de 30 % au premier semestre 2026

La production industrielle d’or du Mali a enregistré une forte progression au premier semestre 2026. Les compagnies minières ont extrait 23,5 tonnes d’or entre janvier et juin, soit une hausse d’environ 30 % par rapport aux quelque 18 tonnes produites sur la même période en 2025. Cette performance place le pays sur une trajectoire favorable pour atteindre, voire dépasser, son objectif annuel.

Le secteur aurifère industriel malien retrouve des couleurs. Selon les données disponibles, les exploitations industrielles ont produit 23,5 tonnes d’or au cours des six premiers mois de 2026, contre environ 18 tonnes au premier semestre 2025. La progression atteint ainsi près de 30 % sur un an.

La performance est également supérieure aux prévisions des autorités maliennes. Pour la première moitié de l’année, le gouvernement tablait sur une production de 21,2 tonnes, soit un écart positif de 2,3 tonnes par rapport au niveau effectivement enregistré.

Cette hausse intervient dans un contexte particulier pour l’industrie aurifère malienne. En 2025, la production industrielle avait fortement reculé, atteignant 42,2 tonnes, contre un record de 66,5 tonnes en 2023.

Le secteur a notamment été marqué par des tensions entre les autorités et plusieurs compagnies minières internationales. Le gouvernement malien a engagé une politique visant à renforcer le contrôle de l’État sur l’exploitation des ressources minières et à accroître les recettes publiques tirées du secteur.

Ces réformes ont entraîné des différends avec certains opérateurs internationaux et alimenté les incertitudes sur les perspectives de production. Les résultats enregistrés au premier semestre 2026 semblent toutefois indiquer un redressement de l’activité industrielle.

Au rythme actuel, le Mali est en mesure d’atteindre son objectif annuel de 43,2 tonnes d’or industriel. Avec 23,5 tonnes déjà produites à fin juin, le pays a réalisé plus de la moitié de sa prévision annuelle en seulement six mois.

La mine Fekola, exploitée par le canadien B2Gold, demeure le principal contributeur à la production industrielle malienne. Elle a généré 8,85 tonnes d’or au premier semestre 2026.

L’exploitation de Loulo, opérée par Barrick, arrive en deuxième position avec 6,9 tonnes produites sur la période. Cette performance est particulièrement significative puisque la mine avait produit 5,5 tonnes sur l’ensemble de l’année 2025.

Les autres exploitations ont également contribué à la progression du secteur. Allied Mining a produit environ 3,5 tonnes, tandis que Resolute Mining a enregistré une production de 3 tonnes au cours des six premiers mois de l’année.

Parallèlement à la reprise de la production des mines existantes, le Mali poursuit le développement de nouveaux projets aurifères afin de renforcer ses capacités à moyen et long terme.

Le Conseil des ministres a récemment accordé à B2Gold un permis minier à grande échelle pour son projet Menankoto. Le projet devrait, selon les prévisions de l’entreprise, produire plus de 150 000 onces d’or par an à partir de 2028.

Le projet Kobada, porté par Toubani Resources, constitue également l’un des développements importants du secteur. Sa production annuelle est estimée à environ 162 000 onces d’or, avec un premier objectif de production fixé à 2027.

La reprise observée au premier semestre, combinée à l’arrivée progressive de nouveaux projets, pourrait ainsi permettre au Mali de consolider sa position parmi les principaux producteurs d’or du continent africain.

Par Amhed Coulibaly

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